En mouvement

 

MEKTOUB

Création solo 2014

« Seul un fou pouvait choisir une telle voie. J’étais terrifiée et même si cela voulait dire être fou et en désaccord avec l’ordre établi, j’avais décidé d’être moi. Scott Peck « Le chemin le moins fréquenté »

Mektoub est un temps suspendu, une porte que l’on ouvre dans ce nul part. C’est la volonté de muter: mourir ou renaître? Mektoub nous plonge dans cette difficile nécessité de se libérer de la dictature des apparences et nous invite aux portes de l’impermanence, cette prise de conscience qui réveille en soi la volonté d’œuvrer de manière constructive. Mais si la volonté trace une voie, elle n’est gage d’aucune réussite. Tout toujours reste à écrire. Mektoub met en scène une danseuse et une musicienne, unies par cette volonté de transmettre un vécu et un regard. Elles sont cette femme et cet homme qui un jour ont connu cette nudité et souhaitent partager cette assurance tranquille lorsqu’enfin chaque chose est sa place.

Composition/ Musique: Amalia Tohinou  Regard artistique: Caroline Fabre/Norbert Sénou/ Elise Rochet  Conception/ interprétation: Clémentine Grassa

 

dossier com

Cie Descends, danse,

Cie de danse contemporaine d’inspiration Afro-cubaine

Danseuse interprète de 2014 à 2016

https://www.facebook.com/CieDescendsDanse/

Cie de Bouche z’à oreilles

« Ours parmi nous », extrait vidéo

Troubadours des temps modernes, passeurs de notes musicales, autour de la magie et du merveilleux des contes. Conteur, danseuse et musiciens de tout horizon, de toute inspiration, notre répertoire s’adresse à tous les publics. Nous vous invitons à voyager avec nous au travers des notes et des mots, le tout version théatrale et interactive, afin de passer ensemble un moment de partage et de plaisir.

bouche za oreilles affiche février

19 mai, 16 juin et 21 juillet à la Plaine d’Ansot à Bayonne: Histoires d’Ours

Plaine d'Ansot 16 juin (1).jpg

https://www.facebook.com/Cie-De-Bouche-z%C3%A0-Oreilles-1785527784831092/?modal=admin_todo_tour

Exil

Création autour d’une oeuvre de Gilles Banet « Brindisi 79 », Un certain regard, Artoteka

Clémentine Grassa, danseuse, et Sarah Piet, chanteuse

BANET_BRINDISI

Extraits:

Intro Ghymes danse
« Je ne suis pas en phase. Jamais. Toujours. Ce que le monde nomme folie, désordre,
dysfonctionnement, j’y vois la vie. Dois je me contenter d’une existence sans aspérité, sans consistance? »
Ghymes danse
« Comprendre…Quelle douceur pourtant de se tenir au bord du gouffre…le mensonge qui permet d’échapper à soi meme. Tu comprends? »
Ghymes danse
« Je suis terrifiée. J’ai fui l’abandon, la solitude, la mort, et je dois à nouveau leur faire face. Je n’ai rien accompli. Quels mauvais choix ai-je fait? Comment une vie peut -elle se déliter si vite? Je ne suis pas à ma place…Mais où est-elle? »
Ghymes danse
Dialogue frontal:
Sarah:
« J ‘ai le goût des autres et des itinéraires. Je suis convaincue que les histoires gagnent à être partagées et connues. »
Clem:
« Parce qu’elles disent notre condition, parce qu’elles sont utiles à sa compréhension, parce qu’elles sont la texture de nos vies »
Sarah:
« J’ai voulu découvrir le monde à la recherche d’un entre deux, rythmés par des récits de vie »
Clem:
« Rencontres improbables, récits improbables, destin de tous ces êtres qui s’en arrachent ou le subissent »
Sarah:
« Ces histoires singulières voir hors normes où un jour tout s’est joué, tout s’est noué. L’impact du choix, souvent douloureux, difficile, m’interpelle, me fascine»
Clem:
« Apprendre à désapprendre, déconstruire, avancer, c’est tout, sans savoir où le chemin nous mène mais convaincue qu’il faut le suivre. Il n’y a plus de règles, juste des intuitions. Ne pas savoir comment ni pourquoi quelque chose résiste en soi au delà de tout. »

Textes:

L’Exil de Pablo Neruda
Parmi des chateaux de pierre lassée,
les rues de Prague de beauté,
les sourires et les bouleaux de Sibérie,
Capri, feu sur la mer, parfum
de romarin amer,
l’amour, l’ultime
et essentiel amour s’attacha à ma vie
dans la paix généreuse,
tandis
qu’entre deux mains amies
un trou noir se creusait
dans la pierre de mon âme;
et là-bas ma patrie brulait,
m’appelait, m’attendait, m’incitait
à exister, à préserver et à souffrir.
L’exil est rond:
un cercle, un anneau:
tes pieds en font le tour, tu traverses la terre
et ce n’est pas ta terre,
le jour t’éveille et ce n’est pas le tien,
la nuit arrive: il manque tes étoiles,
tu te trouves des frères: mais ce n’est pas ton sang.
Tu es comme un fantôme qui rougit
de ne pas aimer plus ceux qui t’aiment si fort,
et n’est-il pas vraiment étrange que te manquent
les épines ennemies de ta patrie,
l’âpre détresse de ton peuple,
les ennuis qui t’attendent
et qui te montreront les dents dès le seuil de la
porte.
Pourtant avec un coeur irrémédiable
j’évoquai chaque signe superflu
comme si seul un miel exquis
nichait dans l’arbre de ma terre
et j’attendis dans chaque oiseau
le trille le plus éloigné,
celui-là qui depuis l’enfance m’a réveillé
sous la lumière mouillée de pluie.
Je préférai la terre pauvre
de mon pays, le cratère, les sables,
la face minérale des déserts
à cette coupe de lumière qu’on m’offrit.
Je me sentis seul au jardin, perdu:
je fus un ennemi rustaud de la statue,
de ce que bien des siècles décidèrent
entre abeilles d’argent et symétrie.
Exil! La distance
devient épaisse,
nous respirons par la blessure:
vivre est un précepte forcé.
L’âme déracinée pratique l’innjustice:
Elle refuse la beauté qu’on lui propose:
Elle recherche son territoire infortuné:
et sur celui-ci seul le martyre ou le calme.

Vouloir le voyage d’Onfray

Au commencement, bien avant tout geste, toute initiative et toute volonté délibérée
de voyager, le corps travaille, à la manière des métaux sous la morsure du soleil.
Dans l’évidence des éléments, il bouge, se dilate, se tend, se détend et modifie ses
volumes. Toute généalogie se perd dans les eaux tièdes d’un liquide amniotique, ce
bain stellaire primitif où scintillent les étoiles avec lesquelles, plus tard, se fabriquent
des cartes du ciel, puis des topographies lumineuses où se pointe et repère l’étoile du
berger — que mon père le premier m’apprit — parmi les constellations diverses. Le
désir de voyage prend confusément sa source dans cette eau lustrale, tiède, il se
nourrit bizarrement de cette nappe métaphysique et de cette ontologie germinative.
On ne devient nomade impénitent qu’instruit dans sa chair aux heures du ventre
maternel arrondi comme un globe, une mappemonde. Le reste développe un
parchemin déjà écrit.
Plus tard, beaucoup plus tard, chacun se découvre étrangement nomade ou sédentaire,
amateur de flux, de transports, de déplacements, ou passionné de statisme,
d’immobilisme et de racines. Sans le savoir, certains obéissent à des tropismes
impérieux, subissent les champs magnétiques hyperboréens ou septentrionaux,
tombent côté levant, basculent versant ponant, se savent mortels, certes, mais
s’expérimentent comme des fragments d’éternité destinés à se mouvoir sur une
planète finie — ceux-là vivent de manière semblable l’énergie qui les travaille et
celle qui anime le reste du monde ; tout aussi aveuglément, d’aucuns éprouvent le
désir d’enracinement, ils connaissent les plaisirs du local et la méfiance à l’endroit du
global. Les premiers aiment la route, longue et interminable, sinueuse et zigzagante,
les seconds jouissent du terrier, sombre et profond, humide et mystérieux. Ces deux
principes existent moins à l’état pur, à la manière d’archétypes, qu’en composantes
indiscernables dans le détail de chaque individualité.

Les préfacés du voyage, K. Yahiaoui

Les préfacés du voyage
Nous voyageons seuls avec nos chairs
tatouées d’empreintes
sur lesquelles marchent nos mémoires
et défile le pas de nos origines
quand nous serons loin de nos terres
couchés sous le toit qui nous brule le repos
ce bucher que nous caressons
avec crainte
avec orgueil
nous nous rappellerons
notre initiale étreinte
les lieux que nous fréquentons
rougissent de pudeur offusquée
écoutant nos confessions
dites à l’inconnue contrée
le songe compagnon de route
nous console des maux étrangers
parcourant nos organes charitables
à l’écart de nos murailles en ruines
nous adoptons le malaise des glaciers jours
nous hivernons à la croisée des exils occupants
nous rappelant la cause du divorce
le vieux burnous nous le portons avec fierté
un héritage sans résignation
il nous materne lors de la traversée de l’obscur
il enfante notre chaleur sous le froid de nos yeux
nous sommes atteints du syndrome
de la nomade histoire
ce parchemin du corps
nous transportons les pierres tombales
gravées du deuil impondérable
qui nous lacère le foie
le suaire antique couvre
le visage pudique de l’Afrique
dans un sillon infini résigné au silence
nous les enfants des brimades
déchus de tous nos rêves
même celui du survivre
n’avons rien bu de si cruel
que de naitre dans un verre d’encre fragile
assurément nous pratiquons
la langue des signes muette
la prière de la nuit
l’explosive parole
la couleur voilée
nous peindrons
les femmes racine
les amants de l’ombre
les préfacés du voyage
nous peindrons
la foudre guerre
le bruit du désert
le cri de la mer
pour que l’étoile
dévoile sa nudité

Musiques et chants interprétés par Sarah:

Le chant de la paix, Swing de Tony Gatlif: https://www.youtube.com/watch?v=CnLhG8H-fXs

Katchur Khan de Titi Robin: https://www.youtube.com/watch?v=CmYjYRSfPzQ

El desierto, Lhasa: https://www.youtube.com/watch?v=HIJhrzAuWcw

Ghymes, Tanc a Hoban: https://www.youtube.com/watch?v=z3Ml5aActBg

Bam kalou Bam, Danyel Waro: https://www.youtube.com/watch?v=g13K4QanHPc

De dame et d’homme, André Minvielle: https://www.youtube.com/watch?v=lb3DeWZ1HYg