Du 11 au 14 juin 2027
(Lieu à définir entre Bordeaux et pays basque)

Géographie des Corps: Territoires, frontières, intrusions, domination, soumission
“Un climat où souffle le vent de l’inceste, sans qu’il y ait inceste.
Le vent souffle chez les individus ; il souffle entre eux et dans les familles.
Partout où il souffle, il fait le vide ; il instille du soupçon, du silence et du secret ; il disperse la végétation, laissant cependant pousser quelques plantes apparemment banales, qui se révèlent urticantes » (…) « l’incestuel est un inceste moral »
Jean-Paul Racamier, L’inceste et l’incestuel (P13), Dunod, 2021.
Dans un climat incestuel, il n’y a pas de contact sexuel, mais il règne une confusion permanente des corps et des esprits. C’est une intrusion sans effraction visible.
L’espace familial est nébuleux, obscur, embarrassé. Persiste une confusion des places avec parfois une inversion des rôles, un effacement ou l’inexistence de limites, entre soi, l’autre, entre l’espace intime et l’espace familial. Les frontières entre les êtres sont mal définies et empêchent le sujet de se construire psychiquement, sa singularité est niée.
La conscience d’un soi aux limites éprouvées, la conscience d’un espace personnel/intime différencié d’un espace général/public sont les grands absents de ce climat flou et envahissant.
La plupart des personnes que j’accompagne se perdent dans cet imbroglio où s’en suivent des modes relationnels soit représentatifs du triangle de Karpman, soit radicalisés dans des liens fusionnels ou faits de ruptures. Les espaces-entre n’existent pas. L’accès au Soi véritable qui assumerait un positionnement est noyé dans les attentes et besoins (supposés) de l’autre, figé dans la peur des conséquences. La sensation diffuse de ne pas s’appartenir, de ne pas savoir qui on est, est omniprésente.
Choix, décisions, directions sont inaccessibles.
Souvent, le soi se construit au travers d’une honte qui “colle” pour reprendre les termes de R.Gazon, qui envahit tout notre être. Elle devient constitutive, profonde, ancrée. Culpabilité et rejet alimentent le cycle, nous ne nous sentons pas dignes.
Lorsque nous n’avons pas appris à nommer ce qui nous traverse, lorsque nous avons été nié dans nos ressentis et nos émotions, lorsque nous ne nous sommes pas sentis vus et reconnus pour qui nous étions, comment construire des relations stables et authentiques? Comment s’affranchir du regard de l’autre et retrouver une légitimité d’être? Comment nous redresser et prendre notre place?
La danse thérapie viendra ici redéfinir des frontières et des limites saines. Elle convoquera la conscience que nous avons de notre corps. Elle nous permettra d’accéder à ses contours et à le placer dans l’espace autour. Elle proposera l’expérience d’un espace relationnel où nous pourrons identifier les mécanismes que nous entretenons avec nous même et avec l’autre.
La mise en mouvement en groupe viendra convoquer notre rapport au regard et cela mettra en lumière la place que nous nous autorisons à prendre indépendamment d’une quelconque validation. Ainsi, nous explorerons ce va et vient incessant, où le mouvement et l’instinct de nos corps questionnent cette limite tantôt « empêchante » tantôt porteuse, et où choralité et expression singulière seraient complémentaires.
OBJECTIFS
– L’impact du climat incestuel sur la construction du soi corporel
– Proposer des outils psycho-corporels pour identifier les mécanismes relationnels adoptés
– Proposer des outils psycho-corporels qui favorisent et renforcent la perception du soi
– Proposer des outils psycho-corporels qui permettent de travailler les séparations et de clarifier les limites
– Construire son cadre d’intervention
Programme
I. Le corps et ses limites
– Moi-peau d’Anzieu
– L’expansion corporelle d’un”oui”, la contraction corporelle d’un “Non”
II. Le corps dans son espace personnel
– Prendre conscience de son espace personnel et de ses zones vulnérables
– Ressources internes et stabilisation émotionnelle
III. Travail de séparation et de limites
– Réguler le flux dedans/dehors
– Espace transitionnel
– Juste distance
IV. Le corps dans l’espace relationnel
– Flux personnel, interpersonnel et transpersonnel
– Identifier, nommer, se réguler
– Accordages relationnels et émotionnels
METHODE PEDAGOGIQUE
– Exposé théorique
– Mise en pratique: S’engager corporellement
– Analyse de pratique et échanges cliniques
– Outils et techniques de médiations corporelles
– Remise d’un support pédagogique/ Power point
– Etude de cas
Journée type:
9H- 12H30: Proposition expérientielle
12H30- 13H30: Pause
13H30- 18H: Analyse de pratique et éléments théoriques
Pré-requis
Ce module de formation s’adresse à tous les professionnels de la relation d’aide engageant une médiation corporelle. Un entretien téléphonique préalable est nécessaire afin de valider votre inscription.
Chaque stagiaire est responsable de son itinéraire de formation et de son implication personnelle, en étant conscient qu’il s’agit d’une formation et non d’une thérapie. Le stagiaire s’engage entre autres à informer la formatrice de l’existence de handicap, de problèmes médicaux ou psychiatriques et/ou de la prise de médications de nature à interférer avec ce type de formation de manière à pouvoir proposer des solutions adaptées à leur situation.
J’invite chaque stagiaire à prévoir le soutien dont il pourrait avoir besoin après la formation.
Tarifs:
Individuel/Auto entreprise: 450€. Paiement possible en plusieurs fois
Institutions/Associations: 750€
Crédit photo: Nahia Garat
