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Danse thérapie et expression de soi

Il s’agit de l’extrait de l’article.

« La célébration de toi sur cette Terre…Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inadéquats, notre peur la plus profonde est d’être puissant.e.s au delà de toutes limites. C’est notre lumière et pas notre part d’ombre qui nous effraie le plus. Nous nous demandons qui suis je pour oser être brillant, magnifique, talentueux, fabuleux, mais en fait, qui suis je pour ne pas l’être. » Marianne Williamson

« A travers la danse que j’enseigne, j’entends rendre cet art accessible au plus grand nombre, favoriser les rencontres entre les personnes, qu’elles soient en situation de handicap, retraitées, addictes, réfugiées, hors cadres…

C’est une danse qui s’adapte aux besoins des différents publics et qui souhaite combiner la profondeur du travail thérapeutique au monde riche et subtil de la création. La danse thérapie telle que je l’envisage s’inscrit dans un travail de (ré)appropriation psycho-corporelle qui pourra, à terme, favoriser une libre expression du Soi. Elle nous invite à établir ce dialogue nécessaire avec notre corps, nos émotions, notre mental et notre âme et à affiner l’écoute des messages que ceux ci nous chuchotent, taisent ou hurlent. La valeur structurante de la danse thérapie nous permet de plonger en sécurité dans notre intériorité que nous révélerons dans une danse de l’instant, grâce à la force expressive du mouvement et au pouvoir du processus de création »

Une petite vidéo pour voir, clique là:  Une façon douce et à l’écoute de soi pour entrer progressivement dans le mouvement. Laisser le corps réagir aux sensations, émotions, sentiments et/ou images par des postures spontanées ; puis, laisser les postures s’enchaîner pour devenir votre danse du jour en lien avec votre intériorité

« Je suis Chloé…et j’aime Chloé « 

Un dernier atelier pour se dire et se dévoiler

Un dernier pas de danse, une mélodie du cœur qui vibre entre nos lèvres

Voix et corps

Du cœur au chœur

S’honorer dans cet espace que je souhaite de moins en moins intemporel

Permettre à nos parts de se révéler et d’exister ici, et surtout dans l’ailleurs

Une respectueuse leçon d’humilité:  » je ressens, je vois, je m’accueille  » dans l’intensité de l’effondrement et d’une libération prometteuse

Indulgence

La voix est venue ici soutenir nos corps en mouvement, telle une porte majestueuse entre mon dedans et mon dehors, cette autre frontière entre mon intériorité et l’expression de qui je suis

Une douceur qui est venue convoquer ce besoin d’affirmation de soi, cette capacité à se dire, simplement, sans détours…avec le ton et la distance justes

Des parts de soi qui émergent, subrepticement ou comme jamais, sans retour possible

Nous avons été témoin de corps puissants qui se déploient au fil de la journée, de voix qui osent et qui rassemblent

De dissonances aussi où les voix s’affirment, ce nouveau chemin où elles osent enfin mais dont la nouveauté étiole le corps, le fragmente. Le corps est plus fort dans sa véracité et vient trahir ce qui est souhaité

Toucher à cet état de corps est inconfortable mais il devient avec le temps un cadeau

Seul, lui sait

A contrario, et toujours dans cette richesse, nous avons également été témoin de corps qui s’ouvrent au mouvement mais qui étouffent la voix

Tantôt le corps, tantôt la voix, tantôt les deux…cette journée complète nous a permis d’expérimenter les différents chemins pour unifier et rendre un soi cohérent

C’était beau, comme toujours. Un immense merci, sincère et reconnaissant pour votre confiance et pour toutes les voies que nous avons empruntées cette année. Un dernier atelier tout en douceur, tout en fluidité, dans ce beau duo avec Manon, qui nous appelle à cocréer, encore et en corps. Merci Manon Irigoyen

Continuons de cheminer dans cette quête du Cœur au Chœur

Je peux être là, immobile, et gouter à ma puissance d’être: « Je suis Chloé…et j’aime Chloé »

La puissance du Consentement

D. est sans voix.

D. se retrouve dans cette situation paradoxale où elle est sans voix le jour où elle se décide enfin à parler.

D. raccroche.

Elle vient de parler 2h avec une amie d’enfance qu’elle n’a pas vu depuis plus de 30 ans.

D. est sidérée.

Encore

Elle utilise son temps à questionner le consentement et s’emploie à trouver les outils qui lui permettraient enfin de consentir à elle ; de trouver cet endroit du soi où l’on se sent suffisamment en phase pour être et permettre au soi d’exister sans dissonance.

Elle utilise l’ensemble de son énergie à cela, observer ces espaces où elle consent malgré elle et s’interpelle pour rectifier l’angle d’attaque (tiens…ne serait ce pas plutôt une approche ?…) toujours dans ce soucis exigent de congruence.

Elle remue alors ciel et terre pour répondre à ses besoins en prenant soin de les identifier, et ce n’est pas une paille comme ils disent !

Elle cherche le courage de les faire exister en posant ses limites et surtout en osant les affirmer, les prononcer, d’abord en les chuchotant, puis en trouvant suffisamment d’amour en elle pour les poser, simplement.

Elle a cette soif de ne plus participer à tous ces silences écrasants qui disent la honte, les non dits, ces petits cailloux qui destabilisent et défont le tableau que tout le monde souhaite parfait, sans vagues.

D. a bien compris depuis toute petite, qu’on ne veut pas entendre et surtout pas voir ; alors elle prend le 3° singe et s’incarne dans celui qui ne dira pas.

30 ans de silence.

Et puis le corps…son corps…

Il a voulu brûler toutes les étapes mais la vérité de son expérience l’a très vite rattrapée. Acculée, comme souvent, elle n’a pas eu le choix que de s’affronter à elle même.

D. pose un regard doux aujourd’hui sur ses blessures. Elle les a non seulement apprivoisées mais elle a su se créer une vie où elles ont toutes leurs places. Rien ne bouge. Tout est en place.

D. pense qu’elle a enfin trouvé son équilibre.

Son psy se poile : « un équilibre ?…vous êtes sérieuse ?!? »

« Oui »

Consentir à ce qui lui est arrivé revient à intégrer ses bouts de soi morcelés dans cette vie fragile.

Consentir au bancal.

Consentir au silence qui ne fera aucune vague

Consentir à ses troubles, l’incompréhension généralisée…

Consentir, accepter, trouver sa part responsable dans ce qu’il est advenu.

D. patauge et se mélange dans sa tête.

Alors elle continue de chercher.

D.souffre de troubles du comportement alimentaire, de multiples addictions, de trouble de l’humeur, d’anxiété ; Elle vit dans une vigilance permanente, se sent vite agressée, suffoque à la moindre situation sans issue, bondit de rage au moindre imprévu, pleure comme une enfant dès qu’elle se sent abandonnée ou rejetée, sursaute, envisage moults échappatoires pour assurer ses engagements, fuit le monde, se coupe d’elle même, de ses émotions, des autres… c’est selon….

C’est épuisant.

Donc, oui, D consent à se trouver une vie autour de tous ces troubles qu’elle a bien identifié car elle sait aujourd’hui comment ne pas les réactiver.

Dans une expérience immédiate, la danse lui permet d’engrammer des réponses motrices, autres que la fuite, la lutte ou la sidération. En lien direct avec son cerveau reptilien, elle sait aujourd’hui que la danse interpelle ces mécanismes de réponses et qu’elle peut avec la répétition y placer une autre forme de posture.

Cadeau merveilleux.

Elle peut alors se nourrir des richesses de la rencontre et du processus de création. Que ce soit le souffle, le mouvement ou le toucher, elle se familiarise avec ces trois outils pour découvrir en elle une autre façon d’être au monde.

C’est salvateur.

D. s’investit corps et âme dans les mécanismes du corps et du cerveau afin d’y trouver des réponses que seul le mouvement peut offrir.

Elle en fera son métier.

Pour autant, D. est aujourd’hui sidérée.

Encore.

Elle vient de parler deux heures au téléphone avec son amie d’enfance qu’elle n’a pas vu depuis 30 ans.

La puissance du consentement passe en boucle et se répète dans sa tête.

Son consentement et Le consentement.

Pendant 30 ans, elles ont toutes les deux consentis au silence, la peur de dire. Elles ont choisi une dépersonnalisation, une perte du soi au lieu de trouver dans la voix commune la force de dénoncer.

Combien sont elles ?

Et puis il y a cette mélodie qui tourne et qui apaise : « ça a existé ».

Ca, elle le savait.

Mais la voix de son amie offre cet espace qu’elle n’a eu de cesse de chercher, celui de sa propre légitimité.

D. a été violé pendant une année entière par l’instituteur de Cm2, le directeur de l’école à qui elle devait monter tous les midis ses repas.

D. avait 10 ans.

A plus de 40 ans aujourd’hui, elle se bat encore avec son démon et les conséquences de sa mémoire traumatique qui tente d’ouvrir une brèche dans sa mémoire actuelle.

Cela se manifeste par des flash backs, des situations impromptues où une image un son ou une odeur déclenchent une dissociation corporelle et réactivent ses troubles du comportement alimentaire, son anxiété, mais aussi toute la panoplie en lien avec les sensations de l’intrusion, puis de l’évitement et de la fuite, entre autres…

D. n’est jamais au repos.

A force de travail sur soi et de mouvements dansés, elle parvient à transmuter l’idée qu’elle se faisait du consentement.

Elle n’est jamais au repos car D. est en quête de trouver tous les moyens de consentir à elle même ;

Et cela passe à présent par le respect de soi.

Se reconnaître dans son entièreté et s’accepter dans son entièreté.

D. ne veut plus consentir au silence.

Elle en a fait son combat auprès de ceux qu’elle aime et s’en veut de ne pouvoir offrir à son tour ses cohérences.

D. a besoin de faire entendre sa voix et cherche comment la société pourrait réparer.

En attendant, D. danse.

Elle danse et tente de partager sa résilience…

Car sans résilience, le malheur se répète.

Pour aller plus loin et comprendre les enjeux et conséquences d’un traumatisme. Je ne peux que vous recommander la lecture du livre de Bessel van der kolk, Le corps n’oublie rien : le cerveau, l’esprit et le corps dans la guérison du traumatisme. D’une grande accessibilité à toutes personnes hors corps médical, il apporte un éclairage nécessaire et réparateur pour toutes personnes ayants vécus un traumatisme mais aussi pour leurs familles souvent démunies à cet endroit, ce qui permet une meilleure compréhension/acceptation/amour pour nos êtres chers.

Equilibrer le donner et le recevoir

Poids et tonicité, système musculaire, individuation, choralité

« Quel vide en moi lorsque je ne suis plus dans le groupe! Je ne parviens plus à nourrir ma danse. La richesse de nos corps fusionnants devient un morcellement lorsque l’autre me quitte ou que je quitte l’autre. C’est épatant de constater mon état de corps à ce moment là. Que se passe t-il en moi lorsqu’il y a séparation? Comment la négocier?

En effet, le corps de l’autre est aussi le mien lorsque nous bougeons ensemble. Nous devenons un autre corps, comme une fusion. J’y rajouterai la notion d’ espace, cet aspect « intérieur / extérieur » qui apparait . Dans cette fusion , l’espace est différent …je ne sens plus les contours de mon corps et je ne peux pas dire ce qui est moi ni ce qui est l’ autre .

Le ressenti sera différent à chaque rencontre et je reste dans cet état d’ouverture , de surprise pour goûter avec tous mes sens la profondeur du Vivant. Nos corps sont apparemment là, mais on peut ressentir une autre dimension…et quand on est spectateur on ne le voit pas mais on le sent !

Il n’ y a pas à attendre quelque chose de la rencontre, juste écouter dans le silence l’intensité de la Vibration.

La séparation provoque un changement d’état inverse. J’avais besoin de ralentir ces micro mouvements entre nous jusqu’à ce qu’ils disparaissent pour pouvoir les ressentir encore. Garder la sensation et négocier moi même ce que je quitte et ce que je garde pour être en mesure de continuer. Approfondir sensoriellement ce changement d’état suscité par la rencontre avec l’autre. L’inscription dans mes cellules et mes muscles, ce lieu où tout s’imprime puis s’exprime, par contraction et par relâchement…cette sensation d’un liquide qui fond et se disperse sur le sol…

Comment me rassembler? Ai je envie d’ailleurs de me rassembler!?!

Que de magnifiques accordages selon le corps rencontré et où j’alterne sans cesse entre « être support » et (accepter) « d’être supportée ». Toutes ces informations multiples sur les textures de peau, les odeurs, la chaleur, cette fluidité évidente ou au contraire cette résistance qui s’accueille…prendre le temps d’observer cette alchimie et m’autoriser à l’habiter pleinement en restant à l’écoute de ce nouvel état plutôt que de me précipiter à rencontrer un autre corps. » M.

L’horloge de nos corps

Impermanence mon Amour

On a parfois ce sentiment que tout se fige et nous observons toutes nos résistances à l’œuvre. Les transitions sont inconfortables mais quels tremplins magnifiques pour une vie plus alignée à qui nous sommes. Apprenons à les aimer, elles sont le gardien de notre âme; elles nous permettent d’affiner l’écoute des messages envoyés par notre corps et ainsi de l’honorer, un peu plus, chaque jour.
J’aime cette vague de la transformation qui vient nous murmurer la puissance de l’Impermanence. Merci 🧡

Quand le déni nous protège

Je vous renvoie à ce texte qui témoigne de cette étape et du déclic qui se fait enfin entendre: https://clementinegrassa.com/2019/08/04/danse-petit-homme-danse/

Transition. Inconfort

L’heure du tri carillonne et nous invite à une introspection profonde qui clarifie nos besoins à venir. Expérimenter le renoncement et s’ouvrir à un autre cycle; tirer les leçons du passé et s’engager vers soi, dans cet élan qui dit oui à l’énergie d’amour vers soi. C’est aussi déposer, dans cette sororité spontanée, tout ce qui encombre et qui étouffe. Le laisser aller, le dire, l’incorporer et le bruler. Le danser. Plus fort. Entre repli et déploiement, le mouvement nous guide et nous éclaire sur le chemin de la joie, sur la voix de notre âme.

L’espace transitionnel, l’espace intermédiaire…le trait d’union entre le moment du choc et celui de l’acceptation…un inconfort qui marque nos premiers pas vers l’intégration…cadeau de Dame Expérience.
Cet espace pour aller vers un nouvel espace; Cet espace où nous sommes sans réponses et où seule notre intuition guide nos pas…une des façons de devenir plus sensorielle et affiner toujours, l’écoute de notre corps; Un moment privilégié que l’on tisse avec les voix de notre âme. Que crie notre âme? Que nous dit elle? Dans quel endroit de mon corps trouve t-elle refuge? Ne nous invite t-elle pas à créer, créer plus d’harmonie, créer plus d’équilibre et ainsi plus de joie?
C’est un espace riche, entre renoncements nécessaires des certitudes/croyances erronées ou limitantes et la naissance de prises de conscience ; Or, à ce moment là, si nous savons, nous ne pouvons pas forcément.
Le corps se fige, il digère et transmute. C’est inconfortable et douloureux.
A ce moment là, seule ma foi en l’impermanence nourrit mes parts blessées et seul un retour au corps et à la matière me permet de tenir.
La danse nourrit mes impatiences, la danse affine ma conscience corporelle et m’ouvre ce formidable espace du non-agir…parce que mon corps ne me trompe pas, non, il ne triche pas; parce que mon corps a toujours su et qu’il est le seul à pouvoir me dire ce qui est juste et bon pour moi; parce que mon corps est le témoin du temps présent.
Aujourd’hui, plus que jamais, c’est en lui que je trouve refuge. Aujourd’hui, plus que jamais, je le laisse m’indiquer les voies de la guérison.

Transmutation

« En fait, j’ai eu mal aux os. Une douleur telle que j’ai jamais autant ressenti mon squelette, sa densité, sa force qui me scotche au matelas. Les tremblements étaient importants, comme une grippe. Ca m’a attrapé soudainement, j’ai connu le plongeon non calculé dans ma charpente osseuse.

Non, en fait, j’avais mal à la peau. Le froid, l’air, le contact de ma peau avec les draps, c’était une sensation étrange et une première. Tout mon être était électrique, chaque mouvement me procurait une sensation intense. Douloureuse mais intense. Il y avait de la magie à se sentir pleinement, jusque dans mes moindres cellules, entrer dans le détail de mon corps et de ses tissus, couche par couche. Une peau après l’autre. Habiter tous ces espaces vibrants entre squelette, muscles et peau. C’était le cri du corps. Son moyen de communiquer, de me dire. J’écoutais chacune de ses parcelles, me lovais tantôt dans mes bras, tantôt dans mon bassin, là sur ma nuque, m’allongeais dans mes orteils, mon fémur.

Cela a duré 15 jours.

J’ai éprouvé, pleinement consciente, le Moi Peau.

Encore.

Telle une couche supplémentaire qui se retire et qui n’a plus lieu d’être. Et lorsque cette peau est plutôt « carapace », il y a une véritable douleur physique de vulnérabilité qui se fait sentir. J’ai alors été en contact avec ma Peau Révélatrice, celle qui me révèle et dit de moi, la sensation d’être nu, à fleur de peau, dans une hypersensibilité qui brûle. La sensation était globale, envahissante et je ne peux déterminer à quel endroit de mon corps la vie se jouait. Lorsque j’ai pu sortir de mon lit, j’ai accueilli cette nouvelle Peau, sacrément purifiée mais aussi plus souple, avec suffisamment d’ouverture en dedans et en dehors. Sentir dans sa chaire lorsque cela circule librement, qu’il y a une véritable interface, protectrice et révélatrice, entre mon intériorité et le monde extérieur offre une respiration sans nom.

Tout redevient sensation.

Il n’y a rien à dire.

Juste me vivre après cette magnifique Mue. »

(Merci à l’expérience du Covid qui par la suite, viendra appuyer le besoin de discernement)

J’ai voulu partager cette Mue lors de la 1° séance de 2022. Cela faisait sens. Aussi, nous étions en plein Kala Sarpa Yoga et son énergie du Serpent du temps. L’invitation à prendre conscience de son système Peau dans cette perspective, nous a offert de belles transformations, d’inédites sublimations.

Approfondir le Moi Peau: https://clementinegrassa.com/2019/04/09/le-moi-peau/

Elle a dit: « ça m’a plu cette promenade placentaire et sa matérialisation par la
forme et la couleur,
relié à son cordon ombilical tracé par ce foulard, celui-là rouge , bleu
et violine…placé au départ, juste à la bonne place pour
irriguer…Comme quoi!!
puis son délitement, sa mise à distance et ma prise d’autonomie par
rapport à lui….devenus très agréable…

je me suis sentie libre, surtout de m’exprimer à un rythme plus
conciliant pour moi … plus intériorisé et en dialogue personnel…
nouveau… par le ralentissement de mon corps ! »

Entre Terre et Ciel: Axe et directions

Trouver son axe, se recentrer, s’ancrer, se sentir aligné.e, à sa juste place…une quête nécessaire pour trouver la force de répondre à ses besoins et acter ses rêves, clarifier ses choix, s’adapter aux changements de directions, s’engager dans la bonne. La bonne…quelle direction serait meilleure qu’une autre? N’avons nous pas un jour senti cette évidence, ce plus grand que soi qui anime et éclaire le chemin à emprunter…sans savoir comment ni pourquoi et convaincue que nous devons le suivre? Une justesse évidente, divine, salutaire, nécessaire….et puis viennent les actes, et puis tout s’orchestre et puis…. »je suis »

Ci dessous le texte écrit par une des danseuses du stage résidentiel autour de l’axe, un travail centré sur la proxémie, la conscience de ses propres limites avant d’inter agir avec l’autre. Un écrit spontané, comme pour sublimer et parfaire ce que nos mouvements révèlent. Merci à toi D. pour ce très beau texte dont la portée nous semble universelle.

Je suis celle qui….

 » Je suis celle qui vibre dans ton corps

Je suis celle qui est là, présente, fragile et forte à la fois.

Je suis celle qui s’agite, celle qui se pose, celle qui attend mais qui n’attendra plus.

Je suis celle qui sait, celle qui veut, celle qui a. Je suis aussi celle qui donne, qui donne et qui redonne.

Je suis celle qui a peur, je suis celle qui a confiance.

Je suis celle qui bouge, celle qui avance, celle qui s’immobilise aussi.

Je suis celle qui hésite, celle qui décide, celle qui est. Je suis celle qui sera aussi et celle qui était.

Je suis celle qui se trompe, celle qui invente, celle qui aime.

Je suis celle qui aime, celle qui entoure, celle qui cajole.

Je suis celle qui est passionnée, celle qui est entière.

Je suis aussi celle qui a mal, qui a froid mais qui vit.

Je suis celle qui expérimente, celle qui crée, celle qui enfante aussi et celle qui respire.

Je suis celle qui blesse, celle qui culpabilise, celle qui prend soin de toi. Je suis celle qui prend soin de moi, de toi, de nous, d’elles, d’eux ; celle qui se pardonne, celle qui te pardonne.

Je suis celle qui regarde, qui écoute, qui pense, qui pense et qui repense.

Je suis celle qui prie, qui espère, qui désire. Je suis celle qui a envie, celle qui est en vie.

Je suis celle qui apprend à s’aimer. Je suis celle qui vibre et veut vibrer. Je suis celle qui compte, celle qui mérite aussi.

Je suis celle qui est tout ça et celle qui est plus encore.

Je suis celle qui danse, celle qui saute, celle qui crie. Je suis celle qui râle, celle qui asticote, celle qui titille. Je suis celle qui aime la vie. Je suis celle qui fête la vie.

Je suis celle qui scelle ma vie.

Moi »

S’alléger, s’honorer, se déployer

stages résidentiels en danse thérapIE

23/29 juillet 2021

Metta Villa, Salies de Béarn

Une rencontre au cœur de soi. Non pas celle imposée mais celle choisie. Un plongeon salvateur, des décisions que l’on prend, des actes que l’on pose.

Une parenthèse…

Au cœur de la mouvance, une sublimation de l’impermanence, gageure de ta puissance

Un premier pas vers soi pour s’engager véritablement à plus d’indulgence et se l’offrir

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S’alléger, s’honorer, se déployer avec et grâce au mouvement; Le geste juste, nécessaire et spontané, l’évidence subtile qui t’habite et qui ne demande qu’à être

S’autoriser à écouter les messages de ton corps, s’autoriser à exprimer la danse de ton âme. Entends tu son appel? Saisis son invitation, il y a urgence

Libre

Féroce

Divine

Au plus près de toi et au centre de ton cœur, dans une nature sans égale, retrouvons nous le temps d’un week end et/ou une semaine en Danse thérapie et Expression de soi.

Metta villa, Salies de Béarn

Un lieu propice pour ouvrir les Portes de notre inconscient et nous (re)connecter à l’essentiel…

Aidés d’outils spécifiques à la danse thérapie nous combinerons la profondeur du travail thérapeutique au monde riche et subtil de la création. Une approche pour renforcer notre permission d’être afin de nous rencontrer et intégrer les différentes parties de nous, leur redonner leur juste place. Dans ce va et vient permanent entre processus d’individuation (conscience du soi) et choralité (conscience de l’autre et de ses richesses), nous établirons ce dialogue nécessaire avec notre corps, nos émotions, notre mental et notre âme.

Un moment privilégié pour affiner l’écoute des messages que ceux ci nous chuchotent, taisent et/ou hurlent.

Un premier pas pour nous ouvrir à notre élan vital, nos rêves enfouis et nos dons qui sommeillent en chacun.e de nous.

Les stages seront également rythmés par des temps de relaxations guidées, des voyages sonores et des cercles de partage.

En juillet, une après midi sera vécue librement en plein cœur de cette nature époustouflante, à l’écoute du soi (r)éveillé. Nous accueillerons également un.e musicien.ne pour nous accompagner en live le temps d’une après midi improvisée.

Chacun des stages offre un thème différent. Je fais le choix de ne pas vous informer du thème abordé lors de l’atelier en danse-thérapie.
Ma principale motivation est de préserver une qualité d’écoute à ce qui doit être dans le moment présent. C’est aussi accueillir ce qui se crée, avec l’émotion et les énergies du moment, sans « préparations » conscientes ou non; c’est accueillir le langage de notre corps, à ce moment là. Je me laisse moi même guidée par ce qui se présente entre deux ateliers…Une éclipse, une musique, un texte, une tempête, vous…

Coté pratique

Hébergement en pension complète à réserver et régler auprès de Marc de Metta villa: https://www.mettavilla.fr/

Cuisine végane et végétarienne locales et bio

Début du stage à 17h et fin du stage à 17h

Aucun niveau technique requis, stage ouvert à tou.te.s

Apporter plaids, châle, chaussures de marche

Places limitées à 12 participant.e.s

Tarifs hébergement: 85.6/nuit + repas

Frais pédagogiques : 350e/semaine

100% remboursé en cas de restrictions sanitaires

« La célébration de toi sur cette Terre…Notre peur la plus profonde n’est pas d’être inadéquats, notre peur la plus profonde est d’être puissant.e.s au delà de toutes limites. C’est notre lumière et pas notre part d’ombre qui nous effraie le plus. Nous nous demandons qui suis je pour oser être brillant, magnifique, talentueux, fabuleux, mais en fait, qui suis je pour ne pas l’être »

Marianne Williamson

A nos créations clandestines

Un voyage au cœur de soi comme pour mieux nous saisir ce qui s’y joue. C’est déjà là. Tout était déjà là. Un révélateur, un déclencheur, un voile qui se lève. Une invitation au cœur de notre abdomen.

Une invitation à nous relier à ce que nous ressentons dans nos tripes et pouvoir l’exprimer.

Magie du corps, pouvoir créateur du mouvement et des mots…Une alchimie divinement orchestrée par la douceur et la bienveillance de la harpe et de la Kora de Caroline…tel un pansement, un baume. Merci à tous ces trésors, merci pour vos engagements et votre confiance.

Je suis G.

Gorille démantibulé
Derrière une grille
Se ment, est apeuré.
Inquiet et curieux, Rigide et souple.
Torse tendu et bras mou,
Face à l’inconnu,
Entre danger et découverte,
Il brave, puis recule.
Nu et poilu,
Poils hérissés,
Pelage à caresser. Coup de poing
Point de cou.
Tête rentrée, renfrognée,
Lipe atone, qui s’étonne.
Percussion thoracique qui résonne.
ça raisonne dans les tripes
ça obtempère, ça s’agripe.
ça gémit des viscères.
Ça émet qu’la vie sert.
Instant suspendu, Entre agression et acceptation.
Cerveau éteint,
Reste l’instinct

Je suis V.

Je suis….

J’accueille je recueille

Je rêve de LUNE

et d’Empathie

Qui mène à l’abDO mène

à l’Île du Souvenir

de l’Abdo-MERE…à l’ef fée Mère

vers l’Arbre de la Sécurité

Quel manque? Quelle attente? Quelle Traversée? De quoi sommes nous faits?

Je suis un EGO-mène, qui mène à Tout, à RIEN, à Soi, et mène aux autres

Je suis en recherche de la libération….

de mon Unie vers Ciel…

Unissons nos pas, dansons

Je rêve d’une chaîne humaine, d’un dépassement de frontière, d’une propagation infinie…une danse silencieuse

Banksy off course…

Ceci est une invitation, une proposition, un doux rêve de (ré)union. Une danse silencieuse, sans cri ni colère, une danse qui dit la puissance de l’amour sur la peur.
Unissons nos pas, relions nos corps depuis là où nous sommes et offrons un geste pour la terre, un autre pour le ciel et un autre pour le coeur.


Pas besoin de savoir danser, juste de nous relier, nous reconnaitre grâce au code couleur rouge de l’amour et de la joie. Gardons nos distances, oui. Restons sur place, oui. Et laissons tourner cette ritournelle, cet enchaînement de 3 gestes en boucle. Chacun le sien, chacun son rythme, et ce, pendant 2 minutes.


Je rêve d’une chaîne humaine, d’un dépassement de frontière, d’une propagation infinie…

Peu importe la ville, le lieu, créons des ponts et nourrissons cette intention de reliance, de liberté et de mouvements.


Le déroulé: Porter un vêtement/accessoire de couleur rouge. 3 gestes qui s’enchaînent en boucle, un pour la Terre, un pour le Ciel, un autre pour le Coeur.

❤De coeurs à coeurs et d’âmes à âmes, depuis ici, Biarritz, Magesq, Bruxelles, Libourne…Merci infini, immense et intense pour toutes vos vidéos de reliance, vos multiples messages qui manifestent votre présence à ce très beau mouvement ❤

Rdv tous les samedis à 12h sur le pont Marengo à Bayonne. Multiplions les chaînes et continuons de nous relier pour célébrer l’Amour.

Ami.e.s musicien.ne.s bienvenu.e.s pour accompagner chacun de nos pas : un pour la Terre, un pour le Ciel, un pour le Coeur. Prenons soin de nous, unissons nos pas, dansons ❤


Tu es là?


Je compte sur vous pour le partage…


Avec tout mon amour

Dantza

Je suis heureuse de vous offrir le récit d’une expérience en danse thérapie dans ce qu’elle révèle et libère. Merci à D. pour ce besoin de sublimer son atelier à travers ses mots et d’accepter de nous les partager. Quand les mécanismes d’individuation et de choralité se font échos, reconnaitre leurs inconforts et œuvrer pour les équilibrer semble nous promettre plus de liberté d’être.

Jeudi 15 Octobre 2020 (Atelier de danse thérapie le Dimanche 11 Octobre)

J’ai dansé seule et entourée…

J’ai dansé les saisons, l’automne, l’hiver, le printemps, l’été… j’ai traversé le temps, circulé en mouvement au travers des cycles qui ne s’arrêtaient plus d’avancer… désorientée, déterminée, détériorée, désespérée, démenée, dépossédée, défendue, détendue, démembrée, déçue, dévitalisée, démesurée, détachée, défiée, délurée, dégagée, délivrée…

Quand j’ai retraversé l’automne, en dansant seule, j’étais intérieurement ébouriffée par les rafales de vent qui m’étourdissaient. Tout se passait comme si chaque bourrasque s’attaquait l’une l’autre, me secouant sans même me prêter attention, sans même avoir conscience de ma présence. Les yeux fermés, j’ai eu la sensation d’être un arbre. J’ai vu l’image de cet Etre aux branches brusquement dénudées, remuées de gifles débarquant des quatre points cardinaux, dont les racines s’emmêlaient tellement on le secouait de ça et là. Je n’avais pas l’impression d’avoir le temps de me poser pour savoir où j’étais, qui j’étais, comme si la météo environnante décidait de mon sort.

Une traversée surprenante qui a été chassé par l’arrivée de l’hiver, sans que j’ai eu le temps de digérer l’effet de cette tempête sur moi. Cette nouvelle saison s’est déposée sur moi comme un manteau lourd, freinant subitement mes mouvements, m’obligeant à me recourber pour porter et supporter ce poids. Tout s’est passé comme si mon élan avait été subitement stoppé. Chaque membre de mon corps s’est tendu et recroquevillé, apeuré et étouffé par un inconnu pesant et imposant. J’ai eu besoin de faire appel à ma force, sentir mes muscles, durcir mes membres, alourdir mes mouvements. Je me sentais en lutte.

Je ne sais pas si j’ai croisé une transition avec le printemps je n’ai en tout cas moi-même pas réussi à en créer une, je l’ai juste senti arriver. Je l’ai entendu arriver même, de son pas sautillant, comme un petit moineau qui s’approche en chantant. J’ai adoré comprendre que j’étais au printemps. J’ai soufflé, comme soulagée, j’ai senti mon corps sourire et s’ouvrir. Des images colorées se sont invitées à moi pour mon plus grand plaisir. J’ai eu l’impression d’être une graine qui germe et s’accroît, une plante qui s’allonge vers le soleil, abondamment nourrie et ressourcée. J’ai eu l’impression d’être un oiseau qui déploie ses ailes, qui s’allège dans le vent et prend place dans le ciel. J’ai ressenti une joie immense, une liberté de mouvement, une souplesse émotionnelle, une tolérance rassurante. Je sais que j’ai gardé les yeux fermés pour apprécier la douceur et le parfum de l’instant, et je me souviens aussi les avoir ouverts pour contempler l’environnement vivant. J’ai vécu cette saison intensément, stimulée de petits et grands bonheurs nourrissants. J’y serais restée, j’aurais voulu arrêter le temps quelques instants, laisser s’infuser toute cette saison un peu plus que les autres…

J’ai senti le rythme s’accélérer en moi, la chaleur de mon corps m’a exigé de ralentir, faisant place à l’été. Une saison pleine de pauses, dans laquelle j’ai eu besoin de me reposer, en m’adossant sur le sol, comme on s’étalerait sur le sable fin face au soleil. Je ne saurais pas quoi en dire de plus, je ne l’ai pas vu passer, comme des vacances trop vites passées…

Et l’automne a pointé le bout de son nez, me dérangeant clairement dans ma lancée, me rappelant désagréablement le fonctionnement cyclique de la vie, ses hauts et ses bas. Je me souviens m’être dit en dansant qu’au début de l’automne se niche mon anniversaire. Je n’ai pas pris le temps de le traverser, le temps m’a manqué, cette idée s’est comme échappée, j’ai dû avancer. J’aurais voulu m’y arrêter, me célébrer, me faire naître ou renaître. Ce sera peut-être pour une autre fois, le vent souffle, et m’étourdit à nouveau… C’est l’automne, puis l’hiver …

J’ai dansé seule, avec les autres…

Lorsque la posture de repli fut instinctivement choisie par chaque membre de mon corps, j’ai compris que l’exercice prenait sens en moi. Des souvenirs corporels connus ont rejailli, un étouffement que j’aurais bien laissé aux oubliettes et des tensions douloureuses dont je me serais passée. J’ai senti le groupe sauvagement s’approcher et m’entourer, fidèle à la consigne. J’aurais voulu que cette situation m’enlace, j’aurais voulu sentir une détente grâce à la chaleur de leurs corps ou un soutien collectif ressourçant. Ce fut autrement. Je fus prise d’une panique étrange, l’événement m’a paru menaçant. Etriquée dans mon corps, étouffée sans espace, j’ai eu peur de ce que je pourrais ressentir, mais le contexte et l’environnement humain m’assuraient une confiance à laquelle je me suis mentalement rattachée.

Pourtant, la situation n’a cessé de s’empirer. Quand une autre danseuse a saisi la suite de l’exercice qui consistait à  indiquer les endroits physiques à libérer dans mon corps, j’ai cru que ce serait un bon moment. En amont, à l’annonce de cette danse, j’étais ravie d’imaginer de pouvoir être guidée vers une liberté retrouvée, vers des mouvements souples, soyeux, doux. C’est d’ailleurs accompagné de ce vœux et de cet espoir que j’ai accepté de me plonger réellement dans un état de tension. Pourtant, ses gestes m’ont semblé envahissants, comme si j’étais plongée dans une dictature de mouvements imposés. Son insistance à tapoter ou orienter mon corps me dérangeait et ses agacements verbaux murmurés m’insultaient. Elle déposait lourdement son bras comme on étranglerait quelqu’un qui ose bouger quand on lui ordonne de rester immobile. Elle répétait tempestivement ses points d’appuis, comme une personne acharnée qui ne lâcherait pas le morceau. Je me sentais dépossédée de mes mouvements, je ne savais plus comment faire pour reprendre le contrôle de mon propre corps.

J’ai essayé de respirer, de souffler, pour me raisonner, pour me convaincre que ce n’était pas elle, mais la situation qui s’apparaissait comme prohibante. Des souvenirs d’oppressions insupportables me sont apparus. Comme si le cerveau prenait le relais, essayant d’analyser puis faisant rapidement corréler la situation avec des rencontres historiques vécues et subies dans le passé, et encore trop présente.  Ses tapotis ont eu le mérite d’être bénéfiques pour restimuler mon corps, et m’obliger à quitter ses pensées douloureuses.

J’ai réussi à accepter que j’avais le droit de refuser. Alors je l’ai exprimé avec mon corps, ou j’ai cru l’exprimer au travers de mon corps. J’ai gardé mes bras resserrés, j’ai balancé mon corps comme pour dire non, j’ai étendu mon corps pour l’éloigner. J’ai même choisi d’autres mouvements faussement amples, pour simuler une liberté retrouvée, croyant que si je lui prouvais ma liberté, elle me quitterait. En vain, ce que je faisais ne semblait pas lui convenir, elle insistait pour que j’exécute son souhait. Et pour me libérer d’elle, ou de la situation, mon corps s’est tût, j’ai lâché, j’ai arrêté de lutter. Mais je me suis sentie comme morte au fond de moi. Mon corps a agi comme un automate qui s’anime au gré des points stimulés par ses mains anonymes. J’ai détesté ressentir que cet autre avait pris mon être entre ses mains, j’étais déçue de moi, alors même que je croyais avoir réussi à accepter et exprimer mon désaccord. Sa présence était dérangeante, menaçante, insupportable. Comment a-t-elle pu ne pas entendre l’écho de mon corps révolté ? Comment a-t-elle pu observer mon corps avec si peu d’empathie à ce moment-là? Pourquoi a-t-elle pu s’autoriser à commenter et juger mes mouvements si intimes ? Pourquoi ai-je accepté de laisser cette situation s’installer ? 

J’ai choisi de m’effacer, comme si je m’éliminais temporairement pour supporter ce dialogue de sourd, et faire taire ce qu’elle représentait à ce moment-là. J’ai ressenti une colère profonde, je rêvais qu’elle me lâche, j’aurais voulu hurler pour qu’elle fasse un bon en arrière. J’ai ressenti une solitude intense et une insupportable déception vis à vis de moi-même. J’avais choisi une posture enfermante pour retrouver la sensation agréable de liberté déployée, mais j’ai été confrontée à une situation oppressante qui m’a fait m’écraser. Je me suis sentie devenir une ombre, son ombre. A moins que ce soit l’ombre de moi-même. J’étais pourtant arrivée avec un état d’esprit estival, joyeusement ensoleillée, profondément parée d’un sourire lumineux, solide et forte. N’ai-je pas accepté de me tenir solidement face à l’autre pour ne pas dévoiler au grand jour certaines blessures que je porte dans mon corps ? Ne me suis-je pas caché à moi-même, dans l’obscurité de mes yeux fermés, les cicatrices enfermées dans mon cœur ? 

Une fois fini, j’ai fait mine d’être encore présente, pourtant une partie de moi n’était plus là… je suis restée quelques temps entre ombre et lumière, ne sachant pas vraiment quoi faire de ces sensations, avec l’impression d’avoir perdu une partie de moi… et je l’ai retrouvé, avec joie et plaisir, et je me suis retrouvée, avec foi et désir, dans une danse avec moi-même.

J’ai dansé avec moi-même…

Je n’ai jamais su ressentir réellement si mon âme aspirait au monde extérieur ou si elle était contente d’être à l’abri dans mon fort intérieur.

Certes, j’aime être en lien, croiser des regards entre deux mouvements contraires, frôler des mains entre deux rythmes cassés, me laisser surprendre par l’énergie attirante d’une autre danseuse engagée et motivée. J’apprécie physiquement danser au contact de l’autre, mais je ne suis pas sûre d’être émotionnellement toujours prête à m’adonner à ces rapprochements. Cela me donne parfois l’impression de devoir m’abandonner pour accepter de rejoindre l’autre. Laisser ou quitter une partie de moi pour rejoindre l’autre. J’aimerais tant voir se coïncider moi et l’autre, être pleinement moi, avec l’autre, ne pas avoir à choisir ou jongler entre moi et l’autre. J’ai l’impression pourtant d’avoir enfin accepté mon droit de refus et même pris plaisir à comprendre que mon besoin était parfois autre. Par contre, je réalise à quel point il m’est difficile de l’exprimer, et quand bien même j’y arrive, le message ne passe pas comme je l’aurais souhaité.

J’ai l’impression de retrouver une grande liberté lorsque je ferme les yeux en dansant, comme si la lumière tamisée me permettait d’être. Face à l’Autre, je me vois être, je me vois faire, et le reflet de ce miroir me trouble encore. Son regard ne me dérange plus, c’est plutôt le mien reflété dans le sien. Alors je le brise en fermant encore quelques fois les yeux. Et je choisis encore bien souvent de regarder d’abord en moi, pour moi, d’être avec moi-même, pour moi-même… dans l’intention de voir un jour ce Moi exister pleinement près de l’Autre.

Je crois que j’ai encore besoin de prolonger la phase d’égoïsme positif dans cet espace où la danse me permet de me retrouver face à moi-même, ou plutôt en tête à tête avec moi-même. J’aime me nicher dans les profondeurs d’un souvenir, laisser infuser dans le corps, ressentir ces émotions passées me retraverser, et choisir de les accueillir ou de les chasser. J’aime me blottir dans les recoins de mon corps, si souvent maltraité dans le passé, aller chercher et vérifier mes limites, et retrouver les sensations de plaisir, de responsabilité. J’aime être actrice de mes mouvements, émotions et sensations. J’aime ressentir la plénitude que me procure certaines danses que je m’octroie. J’aime ces espaces et temps qui me permettent d’exister et de prendre plaisir à exister.  

D.

Les Burritos

F. a 6 ans.

Comme souvent, je ne sais pas en détail ce qui tracasse ces petits guides. Ils viennent sur l’atelier de danse thérapie et de conscience corporelle proposé par l’hôpital de jour, et répondent à une proposition intéressante de prise en charge holistique.

Je mets du temps à entrer en contact avec cette petite fille. Elle oscille entre débit de parole et mutisme qui rejette et signifie qu’elle ne veut pas. Lorsqu’elle ne veut pas, F. se braque, fait des petits pas jusqu’à se retrouver aculée au pied du mur en disant non et suçant son pouce. Je tente d’identifier les situations qui génèrent ce refus, cette impossibilité à entreprendre quoique ce soit ensemble. Certaines de mes demandes obtiennent une adhésion immédiate, d’autres amènent F. à se figer et signifier une peur qui émane de tout son être.

Je suis confuse à cet endroit.

F. a un doudou qu’elle me présente. Il est assigné à une chaise et ne doit pas bouger. Je tente maladroitement de l’inviter dans l’espoir qu’il créera le lien entre elle et moi, mais F. refuse. Doudou est là et veille.

Il y a des refus catégoriques et il y a des refus qui se diluent dans du pourquoi pas. La frontière est infime et je passe de nombreuses séances à observer F. afin de saisir celle où ça se dilue. Je m’abstiens très vite à lui formuler toutes demandes et dépose des propositions afin qu’elle les saisisse.

F. a 6 ans et déjà, elle sait qu’elle ne sait pas danser.

Constat.

Déjà!

Je reformule. F se braque. Elle sait qu’elle n’aime pas ça et elle sait qu’elle ne sait pas faire. Je vois toutes les conséquences d’une croyance si précocement installée à l’œuvre. C’est terrifiant. D’autant que je le constate également chez les ados aussi. Le mot « danse » est effrayant. Il induit une résistance dans le corps, dévoile l’estime que la personne à d’elle même et nous fait tirer de grandes conclusions.

Déjà.

Un seul mot a le pouvoir d’être empêchant.

Enfermant.

A lui seul, le mot « danse » peut affirmer que nous sommes « ridicules »…

Un seul mot et la croyance qui y est rattachée, ont ce pouvoir d’inscrire un mécanisme qui ne peut être que biaisé car toutes ces jeunes filles sont dans le mouvement et n’ont de cesse de créer.

Je m’oriente vers des séances supposées libres où je laisse F. découvrir tous les possibles avec des objets supports. Dans un premier temps, nous créons des histoires avec un ballon paille qui sera la métaphore du monde que l’on porte et dont on a le pouvoir de faire voyager. Ce monde, tantôt petit, tantôt immense pour ses petits bras, crée des formes limpides dans son espace proche mais aussi lointain, très lointain, lorsque F. décide de s’en débarrasser. Son corps se meut, sans cesse ; et les histoires qui y sont associées témoignent de la richesse de son imaginaire. Elle prend appui sur, virevolte, abandonne son corps, le laisse réagir. Il est ce lien inespéré qui structure et libère, qui permet un toucher qui se veut structurant pour son corps. Pour autant, elle s’ennuie vite, a du mal à se poser , tente différentes expériences sans les vivre véritablement.

Aujourd’hui, je propose à F. un foulard. Elle se replie, émet un non et dit clairement qu’elle n’aime pas. Je lui propose alors de prendre toute la poche qui en contient plusieurs et d’en faire ce qu’elle veut. F. s’émoustille instantanément et se dirige vers la poche. Elle les découvre tel un trésor et s’amuse de les voir voler, s’excite de ce désordre voulu pour finalement les mettre à plat anarchiquement dans l’espace. Nous prenons ce temps et j’observe F. dans cette minutie mais aussi la perspective que seule F. connait.

Elle prend le temps d’observer son œuvre et me propose de jouer aux Burritos. Je n’ai pas le temps de saisir ce que cela signifie qu’elle se place sur un tissu et s’enroule tel un burrito. Nous nous marrons des mouvements impossibles à réaliser pour nous déplacer, nous tentons l’expérience de rallier tous les tissus pour n’être qu’un seul burrito et nous apprécions le déploiement dont nous usons pour nous en débarrasser. Le jeu est sans fin, F. s’amuse à me figer telle une statue qu’elle charge de tissus et n’en peut plus de rire de voir ses statues momifiées en mouvement. Le mimétisme est un enchantement, nous varions les sensations tenues et celles relâchées en nous tractant à l’aide de ces précieux objets transitionnels que sont nos amis les foulards. Je savoure.

F. est sortie de son mutisme et me propose de rentrer dans son imaginaire. Elle a remplacé la parole par des rires et des formes corporelles et s’amuse à rassembler tous les tissus autour/sur/sous elle. Ses propositions dansées sont multiples, la musique nous entraîne et parfait cette bulle que F. vient de créer.

Au moment de clôturer cette séance, je lui propose une dernière mise en forme libre. Elle veut faire un ENOOOORME burrito en alignant tous les foulards. F. les dispose, son espace est structuré, l’ensemble est posé, réfléchi et élaboré. Elle a un projet et l’ennui n’a pas pu s’installer ce jour. Merveilleux.

Nous nous quittons sur le plus grand burrito géant du monde avec cette sensation d’être enfin « rassemblées « , un peu plus dans notre axe.

Merci magicienne F.

Pour aller plus loin…Les enjeux psycho corporels

F. présente un corps tantôt dispersé, qui ne tient pas en place dans la discussion, se met en mouvement, tourne sur elle même, tantôt en retrait excessif qui refuse toute communication ou engagement vers l’extérieur. Son corps se repli sur lui même, ses bras se posent en protection tendus devant son ventre, ses épaules s’enroulent et sa tête se baisse. On sent ici un manque d’harmonie entre sa faculté à se rassembler et sa disposition à se tourner vers l’autre avec un déploiement qui ne va pas de soi. La notion de rassemblement et de déploiement est abordé dans les schèmes de Bartenieff où l’équilibre entre le centre et la périphérie du corps est un point essentiel de nos réalités spatio-corporelles et par extension de notre être là. Il vient interroger notre individualité, à savoir notre adaptabilité à réagir aux différents stimuli de l’extérieur. S’y ajoute le concept de kinesphère, cette bulle malléable qui nous entoure et qui détermine l’ensemble de nos limites. Lorsque je me sens en sécurité, j’évolue aisément dans ma kinesphère qui peut facilement s’agrandir et dans laquelle je pourrais engager tout mon corps sans peur de me heurter à tout ce qui pourrait susciter une forme de repli. A contrario, (et pour vulgariser) lorsque je me sens agressée ou en danger, ma kinesphère peut être enfermante tant elle est proche de mon corps. Il y a une rétraction en défense de l’ensemble de mon corps.

Au niveau musculaire, G. D. Struyf aborde le rassemblement et le déploiement à travers les chaînes musculaires antéro-latérales (AL) et postéro-latérales (PL). Les éveiller ensemble permet de les harmoniser et ainsi nous évite d’être en excès dans l’une ou l’autre. « C’est par elles que l’enfant unifie les hémi-espaces droit et gauche, préalable indispensable à la constitution de l’axe « , Benoît Lesage; et se sentir aligné à son axe nous procure ancrage et sécurité, gageures de nos engagements, justes.


Typologies soutenues par les chaînes musculaires Antéro-latérales (AL) et Postéro-Latérales (PL)/ Benamou M. et Lesage B.2011 d’après Struyf G. « Les chaînes musculaires et articulaires » (SBORTM

Dans l’exemple de F., elle est soit l’une soit l’autre. Il y a peu ou pas de flux harmonieux entre les deux, elle bascule d’une réponse motrice à une autre et n’investit pas pour autant son corps. Les moments sont dispersés sans véritable cohésion, elle a du mal à se poser, rester dans son centre ; puis le déploiement vers l’extérieur jaillit, sans projet véritable et où ni l’espace ni son corps sont pour autant habités ou en cohérence avec ce qui se joue à ce moment là.

Cet exercice avec les tissus est un exemple précieux du cheminement vers lequel les chaînes AL et PL de F. se sont peu à peu équilibrées. On est passé d’un jaillissement de tissus, à une mise en forme progressive de ces derniers pour finalement les disposer dans l’espace avec un but précis. Entre temps, elle est passée plusieurs fois par le besoin de se rassembler en les regroupant tous au centre de la pièce ou en faisant « une piscine de foulards » dans laquelle elle pouvait se lover, s’y abandonner en toute sécurité.

Son récit moteur est d’autant plus intéressant que F. m’inclut dans son histoire et réagit à mes improvisations. Elle s’y adapte et les utilise pour se mettre en mouvement. Le récit est donc plus fluide, plus harmonieux et tourné véritablement vers l’autre, avec l’autre. F. est bien présente, dans une interaction adaptée. C’est une première dans nos séances où nous étions jusque là, soit en miroir soit en opposition, et où la fuite vers un ailleurs était constamment en latence. Se mouvoir et cocréer ensemble était jusque là compliqué., l’utilisation de ces objets supports l’ont rendu possible; F. était même déçue que nous n’ayons pas le temps de me faire expérimenter le burrito géant…