Engrammer la joie

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Le ventre, les frissons dans le dos, la cage thoracique avec mon coeur, les larmes au bord des yeux…🌸
Engrammer la joie et mémoriser en conscience les parties de mon corps qui s’éveillent et qui font « Wahouuuu »💥 à la réception d’un cadeau précieux;
Se laisser envelopper par les mots bienveillants de ceux qui me voient chaque jour et qui m’aiment pour ce que je suis et se souvenir de l’endroit du corps où ça fait « Wahouuuu »💥
Merci au Gem Bizi Berria pour ce moment de partage subtil et saisissant qui me rappelle un peu plus de la nécessité de valoriser le beau qui sommeille et rayonne en chacun de nous❤️. Le valoriser et nous dire…

Équilibre

La voie du milieu …

« Situations où les forces en présence sont égales ou telles qu’aucunes ne surpassent les autres »(Wikipédia)…

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C’est aussi la rencontre avec tous les possibles, où l’un ne peut exister sans l’autre et où l’un revalorise l’autre. Danser avec le tambour et danser avec les bols; danser la terre et l’eau, la (re)naissance et la mort; danser ma joie et ma tristesse…danser ce qui est et laisser mon corps prendre les commandes afin d’équilibrer un mental trop présent et/ou des émotions trop envahissantes…et trouver dans la danse le parfait trait d’union prometteur d’équilibre. Avec le mouvement, mon corps se fait le gardien du juste et me propose de vivre pleinement mes polarités en les faisant exister ensemble sans chercher à en condamner/ focaliser tantôt une, tantôt une autre. Je remercie un peu plus chaque jour cette permission d’être que la danse m’offre…
Dansons, dansons, dansons…❤…laissons le corps nous dire, laissons le nous révéler.

Le vent qui nous traverse

Le vent qui nous traverse

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Chercher au fond de soi ce qui fait « oui » et l’inviter chaque jour dans son quotidien. C’est comme apprendre à marcher, à parler, nous dire, aimer… Curieux (ré)apprentissage mais au combien passionnant autant que déroutant; Une forme de reconditionnement pour œuvrer chaque jour dans le sens du soi et de la douceur et ancrer véritablement qui nous sommes. Cela peut être long, c’est selon.

Mère Nature est divine en cela et m’aide à dompter mes impatiences. Elle m’offre des éléments inspirants, puissants et ainsi, j’accède à des immensités qui offrent à mon corps une sensation de « ré-union », où toutes les polarités peuvent exister et se vivre ensemble…Danser l’ Eau,  la Terre,  le Feu, le Bois, l’ Air et le Métal…danser pour, danser avec… Il y a ce que je ressens, leurs symboliques et l’histoire que je me raconte avec eux… mais il y a aussi un mouvement, un abandon, un « être avec  » qui m’offre une danse de l’instant, aux formes libres qui sont ce qu’elles doivent être. Danser avec les éléments et les laisser maître de mes mouvements, apprendre de leurs puissances et permettre à mon corps de les vivre. Le vent écossais aura été un merveilleux terrain expérimental. Et curieusement, le vent écossais est venu réveiller une danse de l’enracinement, une qui semble chercher ses propres racines…Gratitude douce Ecosse. J’ai aimé découvrir une danse différemment colorée, différemment savoureuse, incroyablement spontanée. Jules Beaucarne ne m’a pas quitté🕊 avec son Femmes et hommes, merci :

« Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas attacher
Ne permettez pas qu’on fasse sur vous
Des rêves impossibles
On est en amour avec vous
Tant que vous correspondez au rêve que l’on a fait sur vous
Alors le fleuve Amour coule tranquille
Les jours sont heureux sous les marronniers mauves
Mais s’il vous arrive de ne plus être
Ce personnage qui marchait dans le rêve
Alors soufflent les vents contraires
Le bateau tangue, la voile se déchire
On met les canots à la mer
Les mots d’amour deviennent des mots couteaux
Qu’on vous enfonce dans le cœur
La personne qui hier vous chérissait
Aujourd’hui vous hait.
La personne qui avait une si belle oreille
Pour vous écouter pleurer et rire
Ne peut plus supporter le son de votre voix
Plus rien n’est négociable
On a jeté votre valise par la fenêtre
Il pleut et vous remontez la rue
Dans votre pardessus noir
Est-ce aimer que de vouloir que l’autre
Quitte sa propre route et son propre voyage ?
Est-ce aimer que d’enfermer l’autre
Dans la prison de son propre rêve ?
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Qui tissez des tissus de mots au bout de vos dents
Ne vous laissez pas rêver par quelqu’un d’autre que vous-même
Chacun a son chemin qu’il est seul parfois à comprendre
Femmes et hommes de la texture de la parole et du vent
Si nous pouvions être d’abord toutes et tous
Et avant tout et premièrement
Des amants de la Vie
Alors nous ne serions plus ces éternels questionneurs, ces éternels mendiants
Qui perdent tant d’énergie et tant de temps
À attendre des autres, des signes, des baisers, de la reconnaissance
Si nous étions avant tout et premièrement des amants de la Vie
Tout nous serait cadeau, nous ne serions jamais déçus
On ne peut se permettre de rêver que sur soi-même
Moi seul connais le chemin qui conduit au bout de mon chemin
Chacun est dans sa vie et dans sa peau
À chacun sa texture, son tissage et ses mots »

Impermanence mon amour

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On a parfois ce sentiment que tout se fige et nous observons toutes nos résistances à l’œuvre. Les transitions sont inconfortables mais quels tremplins magnifiques pour une vie plus alignée à qui nous sommes. Apprenons à les aimer, elles sont le gardien de notre âme; elles nous permettent d’affiner l’écoute des messages envoyés par notre corps et ainsi de l’honorer, un peu plus, chaque jour.
J’aime cette vague de la transformation qui vient nous murmurer la puissance de l’Impermanence. Merci 🧡

Le Moi-Peau

 Danse thérapie et expression  de soi:

Ma peau

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Le Moi-Peau d’Anzieu vient nous questionner sur notre aspect relationnel et identitaire en révélant ce système d’un point de vue sensoriel, contenant, limitant et caractéristique de qui nous sommes. C’est en effet, par ma peau que je ressens le chaud, le froid, l’air, un frôlement; c’est ma peau qui frissonne ou qui se tend, s’ouvre au dehors, à l’espace, aux autres. Dans son aspect contenant, elle vient signifier une limite infime entre mon dedans, ce qui s’y passe et ce que je donne à voir ou accepte de donner à l’extérieur. Elle protège mon intériorité et elle dit aussi qui je suis par sa texture, sa couleur, sa densité, ses empruntes et cicatrices. Bref. Elle ne cesse de me donner des informations, en permanence et se modifie à chaque instant, au moindre mouvement.

Aller à sa rencontre est venue nous donner une expérience supplémentaire de ma propre individualité au sein du groupe, des limites qu’elle propose et que je suis seul.e à maîtriser. Cela revient à questionner nos besoins fondamentaux mais aussi affiner l’écoute des messages que notre corps ne cesse de nous envoyer. Ainsi, je suis en mesure d’identifier instantanément mes besoins du moment qui demandent un nécessaire repli sur soi ou au contraire une ouverture à l’autre qui vient me nourrir, me révéler.

Qu’en est-il de l’entre deux? Cette frontière entre repli sur soi et  besoin de contact? Devons nous cloisonner nos attitudes et être l’un ou l’autre? Ainsi, comment être l’un et l’autre?

Voici ce que nous avons pu explorer lors de notre dernier atelier mensuel en danse thérapie. Nous nous sommes aperçus qu’il est souvent difficile d’agir en conformité avec notre ressenti mais au final…La voie (x) du cœur, l’intuition de notre cœur et l’instinct qui émerge des profondeurs de notre corps est venu nous rappeler ceci: La sagesse de nos corps sait et c’est une vérité qui demande d’avoir pour soi de l’estime, de l’amour et de la confiance.

Nous nous sommes appuyés sur ce beau texte de Jeanne Bennameur (étoffé pour l’occasion), comme une emprunte…et nous avons dansé, crée, révélé…C’était dense et beau, encore…

SAUVER SA PEAU

« Quand j’écris, (danse, dessine) je sauve ma peau.

Palpitante.

C’est la seule frontière au monde acceptable.

Celle qui respire entre le dedans et le dehors.

Vibrante.

Quand j’écris (danse, dessine) je la garde vivante pour pouvoir aller dans le monde.

La peau ne protège de rien.

Je sauve ma peau en (dansant) en lisant, en écrivant, en dessinant…(et tant de pratiques artistiques et créatives.)

La puissance des mots (et du mouvement) me donne force.

(Les arts sont là pour ça) pour que notre peau reste cette limite, fragile, à peine suffisante.

Les murs, les barbelés, les contrôles et les armes ne protègent pas.

Ils séparent c’est tout

Notre peau nous relie.

Notre seule vaillance c’est accepter de ne pas rester intact-es, que nos vies se côtoient, se heurtent ou s’éloignent.

Mais c’est dans ce mouvement que nous vivons.

Peau à peau.

Au risque de l’altération.

Toujours.

Sans ce risque, aucune altérité véritable

Sans ce risque aucune humanité véritable.

Je veux continuer à sentir le monde, être traversée, transformée par la vie des autres, leurs joies, leurs colères comme je suis traversée par le souffle de l’océan de la mer de Lybie.

Alors j’écris (je danse, je crée…)

J’y passe ma vie et c’est ma liberté. Quand je peux partager, c’est ma joie.

Aujourd’hui, plus que jamais, sauvons nos peaux d’hommes , de femmes.

Gardons-les libres, fragiles, éphémères. Il n’y a pas d’autres façons de vivre ensemble.

Chaque vie comme un poème précieux, imparfait.

A tenter chaque jour. »

JEANNE BENNAMEUR

Oser

Oser

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« J’entends le thème du jour et tout s’effondre en moi même. Je suis en veille et m’engage dans les exercices proposés. Je ressens fortement ma stabilité et cette résonance entre mon occiput et mon coccyx. Chacune de mes vertèbres y réagit fortement et je découvre ma propre fiabilité. J’accepte aussi cette découverte de l’espace et tous ces déplacements en groupe sont comme pour mieux éprouver le déploiement de mes ailes lorsque l’espace s’ouvre. Entre espace proche, très, trop proche, j’apprécie ma liberté retrouvée lorsque les gens s’éloignent.

Le groupe me révèle d’abord dans mes inconforts ; il sait être un excellent indicateur de mes carapaces, de mes doutes, de mes peurs. Il me rappelle mes propres empêchements, mon auto-sabotage. J’observe l’ensemble des questions qui me traversent et qui savent si bien m’envahir. Je vois combien elles gagnent du terrain et je leur donne malgré moi du crédit. Avec cela, le mouvement est difficile. Je suis dans la retenue, la crainte et le contrôle. Je tente en vain de répondre à toutes ces questions inutiles et irrationnelles tout en essayant la danse. Ça flotte, c’est hésitant, mes appuis sont instables et je ne vais pas au bout de mes gestes. Je me sens en alerte et dans le même temps peu présente à ce qui est.

Le groupe a cette influence sur moi. J’essaie de le suivre, de coller mes formes à l’ensemble et ainsi de ne pas trop me différencier. Je cherche une harmonie et observe comment mon corps peut se satisfaire de ce compromis.

Mais très vite, telle une vague inattendue, la magie du groupe prend le dessus. Elle me nettoie instantanément de toutes mes peurs et me transporte dans cet inconnu, ce que je ne saurais imaginer. C’est une sorte d’égrégore, un tsunami de bienveillance, une averse d’amour qui me prend. Je m’en remets à elle. Je décide de faire confiance au groupe , je décide de me faire confiance et de laisser être ce qui doit être. Nous co-créons instantanément dans l’ici et le maintenant ; Chaque geste, chaque respiration, à un impact fort sur cette création d’ensemble, pourtant, les réponses corporelles offertes ne sont qu’improvisation. Mon corps s’ajuste à cet endroit de la salle ou à ce contact et donne à voir un mouvement qui m’échappe. Je sais à cet instant que si j’avais dansé pour moi je n’aurais pas utilisé cette partie là de mon corps. Les influences extérieures sollicitent des parties de moi en résistance et je suis étonnée, et agréablement surprise, de ma capacité à saisir le flux et à m’y abandonner, confiante. Sereine. Incroyable nourriture. Ce plongeon dans le moment présent est une respiration. Un cadeau délicieux.

Je prends la mesure de la notion de lâcher prise et m’abandonne complètement. Je m’en remets à cette force, tout devient création, nos corps à l’unisson écrivent ce merveilleux poème de l’instant.

Je me fais la promesse de rejouer dehors ce qu’il s’est joué ici et de me laisser porter par le flux qui se présente, en confiance car tout est juste.

Je voyage allègrement entre la bienveillance et le partage de nos joies, et j’accède dès que je le décide, à mes propres trésors qui ne demandent qu’à briller. Je prends ma place, je me positionne, je me permets d’être ; j’accède à ma propre beauté dénuée de toutes ses peurs. Je peux être moi et me mouvoir, là. …sans savoir où le chemin me mène mais convaincue que je peux le suivre. Je peux crier, je peux me dire, je peux laisser mon corps reprendre ses droits et remplir l’espace, avec et sans les autres. Oui. Je me fais cette promesse. Ce qu’il s’est joué ici je me l’autoriserais à l’extérieur. Je somme mon corps et mon âme de garder en mémoire cette révélation. »

Mesdames, Messieurs ces 2 ateliers étaient de toute beauté. Encore. Faire l’expérience de sa propre richesse et de celle du groupe était un vrai cadeau, pour vous et pour moi-même . Ces ateliers de libre expression et de permission d’être sont des sas incommensurable de bonheur et de joie immense. Continuons de créer. Continuons de nous dire avec le corps et continuons de nous en remettre à ce qui doit être. Dansons librement et infiniment car, toujours, la magie saura opérer.

Corps replié, corps déployé: L

L’histoire de chrysalide: L

J’ai à cœur de vous partager le parcours de L. C’est une envolée…C’est une tranche de vie. Un destin incroyable d’une jeune femme formidable, en quête de sens et d’espaces d’expression. Son hypersensibilité qui dans un premier temps a pu la faire vaciller, devient aujourd’hui une force, une raison d’être qui trouve sa pleine légitimité avec la danse. Continuez, oui, continuez d’œuvrer chaque jour pour la libre expression et la permission d’être.

Loie-Fuller

Il y a 2 ans et demi, L. est arrivée sur un de mes ateliers en danse-thérapie dispensés à la Clinique d’Amade. Elle a intégré le groupe des Reines sur la fin. Accompagnée de sa maman, L., si jeune, a participé à son 1° cours d’expression corporelle au sein d’un programme spécifique qui propose 10 ateliers aux usagers des différentes structures du pays basque, spécialisées dans les troubles psychiques.

L. est grande et élancée, pourtant, elle s’entraîne presque à vouloir disparaître tant on la sent rongée par la timidité ; Du coup, ses épaules sont courbées , sa tête se voûte et ses yeux ne quittent pas le sol. Elle relève parfois les yeux vers son interlocuteur mais on sent vite une gêne qui pourrait s’apparenter à une forme d’intrusion. L. est un mélange subtil de force et de fragilité. Je remarque vite la conscience qui l’ habite et sa volonté de s’en sortir.

Le groupe est bienveillant et accueille L. avec toute sa spontanéité et son humour.

Nous entrons rapidement dans le mouvement. L. s’y engouffre et en ressort à chaque fois plus forte, moins sur la défensive avec ce soupçon d’espoir dans les yeux d’avoir enfin trouver l’endroit qui saura être un allié : la danse.

Danser est aisé pour L.

Ancienne danseuse, elle redécouvre des sensations oubliées et s’accroche aux bénéfices de l’instant sans se laisser envahir par les possibles du passé.

En effet, il peut être difficile pour certaines danseuses de renouer avec la danse dans ces nouvelles dispositions du corps et de l’esprit. La maladie, un accident, marquent une rupture nette dans l’histoire de la personne et parfois, la danse, peut réactiver la mémoire de ce nouveau corps avec lequel nous devons (ré)apprendre à vivre. La danse offre en ce sens, un merveilleux outil d’intégration et permet à la personne d’explorer toutes ses capacités insoupçonnées…mais cela est possible, lorsque nous avons décidé de rencontrer ce nouveau corps, lorsque nous l’avons accepter et qu’enfin, nous ne demandons qu’à le transmuter. Sauter ces différentes étapes douloureuses mais nécessaires, nous engagent très rapidement dans un travail en force et nous n’avons qu’une idée en tête : retrouver ce que nous savions faire avant, ressentir ce que nous ressentions avant. Or, la danse thérapie nous engage parfois malgré nous, sur un tout autre travail et rapport au corps.

Ainsi, L. s’offre à la danse et ne semble pas en lutte avec ce genre de questionnement. Elle accueille avec amour, telle une bouée, ce nouveau sas d’expression.

Nous sommes en veille de proposer une restitution de nos ateliers dans le cadre de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale (SISM). C’est une proposition et toutes les Reines acceptent ce défi malgré les quelques 120 pairs d’yeux présents. J’invite L. à se joindre à nous. Elle n’est pas obligée de me donner une réponse de suite, mais si son corps lui dit « oui », elle est la bienvenue.

Après nos 3 dernières séances, L. accepte et souhaite participer à cette restitution.

Je ne reviendrais pas sur les multiples bénéfices de cette restitution qui a été vivement applaudie et encouragée. La danse thérapie est née à la Clinique d’Amade grâce à la volonté de ces Reines magnifiques qui ont souhaité continuer la pratique. D’autres se sont joints à nous et aujourd’hui, un atelier hebdomadaire y est proposer.

Avec le temps, je sentais L. perdre en enthousiasme lors de ses venues aux cours. Elle venait de moins en moins. Nous avons alors discuté et, comme je m’y attendais, L. sentait ne plus avoir sa place au sein du groupe de la clinique. Elle souhaitait intégrer un autre cours, « dehors », mais ne savait pas encore comment ni où. Je comprenais l’évolution de son besoin et m’en réjouissais. En quittant ce cours, L. nous offrait à elle et à moi, un merveilleux cadeau.

L. a commencé à venir sur les ateliers mensuels de danse thérapie que je propose à l’extérieur. Elle semblait y trouver sa place et un espace de libre expression. Je l’observais évoluer dans ce nouveau corps qui trouve le déploiement et se positionne, j’appréciais la justesse de son regard présent à l’autre ; La prise de parole au sein du groupe, renforçait mon sentiment que L. cheminait vers une guérison prometteuse. Puis…plus rien.

L’absence de continuité est fréquente dans ce type d’accompagnement. Je ne m’en formalise pas même si je prends le temps de me poser et de réfléchir à cette rupture. Je fais moi aussi mon travail de discernement et tente de me souvenir des erreurs que j’ai pu commettre tout en faisant confiance au processus de chrysalide…J’opte pour un déploiement des ailes…

Quelques mois passent et L. me recontacte. Je la sens transformée, je suis heureuse d’entendre son assurance. Puis, je la sens tourner autour du pot et je lui demande si elle a quelque chose à me dire et effectivement, elle me dit qu’elle a l’impression de me trahir. Je souris. Je trépigne de ce qui va suivre et ses mots vont dans le sens de mes attentes. L. a intégré un « vrai » cours de danse hebdomadaire. J’exulte et lui partage ma joie.

Non L., tu ne me trahis pas bien au contraire ! Tu me donnes la force de poursuivre mes accompagnements en danse thérapie. Je n’ai pas la prétention d’offrir des cours de danse traditionnels, non. Juste, j’ose espérer pouvoir vous redonner un soupçon d’estime de soi, vous insuffler cette dose de confiance qu’il nous manque parfois pour jouir pleinement de ces espaces à « l’extérieur » ; ces espaces où la représentation du groupe peut être terrifiante et « empêchante », ces espaces où le groupe peut être ressenti comme étant envahissant tandis que nous pourrions nous nourrir de sa richesse.

Par la suite, L. me fait part de son besoin d’espace d’expression libre en plus de ces temps de cours qu’elle prend désormais régulièrement et…l’Univers est bien fait, une performance autour de l’Exil qui se jouera lors du grand week-end d’ Alternatiba avec 9 musiciens d’ici et d’ailleurs m’ait proposé ; Je ne suis pas sûre mais j’écoute ma petite voix qui m’incite à faire cette proposition à L.

L. accepte. L. vient. L. danse. Et même si la performance est annulée pour cause de pluie, c’est un bond en avant divin, la rencontre est faite et les perspectives prometteuses.