Impermanence mon amour

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On a parfois ce sentiment que tout se fige et nous observons toutes nos résistances à l’œuvre. Les transitions sont inconfortables mais quels tremplins magnifiques pour une vie plus alignée à qui nous sommes. Apprenons à les aimer, elles sont le gardien de notre âme; elles nous permettent d’affiner l’écoute des messages envoyés par notre corps et ainsi de l’honorer, un peu plus, chaque jour.
J’aime cette vague de la transformation qui vient nous murmurer la puissance de l’Impermanence. Merci 🧡

Le Moi-Peau

 Danse thérapie et expression  de soi:

Ma peau

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Le Moi-Peau d’Anzieu vient nous questionner sur notre aspect relationnel et identitaire en révélant ce système d’un point de vue sensoriel, contenant, limitant et caractéristique de qui nous sommes. C’est en effet, par ma peau que je ressens le chaud, le froid, l’air, un frôlement; c’est ma peau qui frissonne ou qui se tend, s’ouvre au dehors, à l’espace, aux autres. Dans son aspect contenant, elle vient signifier une limite infime entre mon dedans, ce qui s’y passe et ce que je donne à voir ou accepte de donner à l’extérieur. Elle protège mon intériorité et elle dit aussi qui je suis par sa texture, sa couleur, sa densité, ses empruntes et cicatrices. Bref. Elle ne cesse de me donner des informations, en permanence et se modifie à chaque instant, au moindre mouvement.

Aller à sa rencontre est venue nous donner une expérience supplémentaire de ma propre individualité au sein du groupe, des limites qu’elle propose et que je suis seul.e à maîtriser. Cela revient à questionner nos besoins fondamentaux mais aussi affiner l’écoute des messages que notre corps ne cesse de nous envoyer. Ainsi, je suis en mesure d’identifier instantanément mes besoins du moment qui demandent un nécessaire repli sur soi ou au contraire une ouverture à l’autre qui vient me nourrir, me révéler.

Qu’en est-il de l’entre deux? Cette frontière entre repli sur soi et  besoin de contact? Devons nous cloisonner nos attitudes et être l’un ou l’autre? Ainsi, comment être l’un et l’autre?

Voici ce que nous avons pu explorer lors de notre dernier atelier mensuel en danse thérapie. Nous nous sommes aperçus qu’il est souvent difficile d’agir en conformité avec notre ressenti mais au final…La voie (x) du cœur, l’intuition de notre cœur et l’instinct qui émerge des profondeurs de notre corps est venu nous rappeler ceci: La sagesse de nos corps sait et c’est une vérité qui demande d’avoir pour soi de l’estime, de l’amour et de la confiance.

Nous nous sommes appuyés sur ce beau texte de Jeanne Bennameur (étoffé pour l’occasion), comme une emprunte…et nous avons dansé, crée, révélé…C’était dense et beau, encore…

SAUVER SA PEAU

« Quand j’écris, (danse, dessine) je sauve ma peau.

Palpitante.

C’est la seule frontière au monde acceptable.

Celle qui respire entre le dedans et le dehors.

Vibrante.

Quand j’écris (danse, dessine) je la garde vivante pour pouvoir aller dans le monde.

La peau ne protège de rien.

Je sauve ma peau en (dansant) en lisant, en écrivant, en dessinant…(et tant de pratiques artistiques et créatives.)

La puissance des mots (et du mouvement) me donne force.

(Les arts sont là pour ça) pour que notre peau reste cette limite, fragile, à peine suffisante.

Les murs, les barbelés, les contrôles et les armes ne protègent pas.

Ils séparent c’est tout

Notre peau nous relie.

Notre seule vaillance c’est accepter de ne pas rester intact-es, que nos vies se côtoient, se heurtent ou s’éloignent.

Mais c’est dans ce mouvement que nous vivons.

Peau à peau.

Au risque de l’altération.

Toujours.

Sans ce risque, aucune altérité véritable

Sans ce risque aucune humanité véritable.

Je veux continuer à sentir le monde, être traversée, transformée par la vie des autres, leurs joies, leurs colères comme je suis traversée par le souffle de l’océan de la mer de Lybie.

Alors j’écris (je danse, je crée…)

J’y passe ma vie et c’est ma liberté. Quand je peux partager, c’est ma joie.

Aujourd’hui, plus que jamais, sauvons nos peaux d’hommes , de femmes.

Gardons-les libres, fragiles, éphémères. Il n’y a pas d’autres façons de vivre ensemble.

Chaque vie comme un poème précieux, imparfait.

A tenter chaque jour. »

JEANNE BENNAMEUR

Oser

Oser

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« J’entends le thème du jour et tout s’effondre en moi même. Je suis en veille et m’engage dans les exercices proposés. Je ressens fortement ma stabilité et cette résonance entre mon occiput et mon coccyx. Chacune de mes vertèbres y réagit fortement et je découvre ma propre fiabilité. J’accepte aussi cette découverte de l’espace et tous ces déplacements en groupe sont comme pour mieux éprouver le déploiement de mes ailes lorsque l’espace s’ouvre. Entre espace proche, très, trop proche, j’apprécie ma liberté retrouvée lorsque les gens s’éloignent.

Le groupe me révèle d’abord dans mes inconforts ; il sait être un excellent indicateur de mes carapaces, de mes doutes, de mes peurs. Il me rappelle mes propres empêchements, mon auto-sabotage. J’observe l’ensemble des questions qui me traversent et qui savent si bien m’envahir. Je vois combien elles gagnent du terrain et je leur donne malgré moi du crédit. Avec cela, le mouvement est difficile. Je suis dans la retenue, la crainte et le contrôle. Je tente en vain de répondre à toutes ces questions inutiles et irrationnelles tout en essayant la danse. Ça flotte, c’est hésitant, mes appuis sont instables et je ne vais pas au bout de mes gestes. Je me sens en alerte et dans le même temps peu présente à ce qui est.

Le groupe a cette influence sur moi. J’essaie de le suivre, de coller mes formes à l’ensemble et ainsi de ne pas trop me différencier. Je cherche une harmonie et observe comment mon corps peut se satisfaire de ce compromis.

Mais très vite, telle une vague inattendue, la magie du groupe prend le dessus. Elle me nettoie instantanément de toutes mes peurs et me transporte dans cet inconnu, ce que je ne saurais imaginer. C’est une sorte d’égrégore, un tsunami de bienveillance, une averse d’amour qui me prend. Je m’en remets à elle. Je décide de faire confiance au groupe , je décide de me faire confiance et de laisser être ce qui doit être. Nous co-créons instantanément dans l’ici et le maintenant ; Chaque geste, chaque respiration, à un impact fort sur cette création d’ensemble, pourtant, les réponses corporelles offertes ne sont qu’improvisation. Mon corps s’ajuste à cet endroit de la salle ou à ce contact et donne à voir un mouvement qui m’échappe. Je sais à cet instant que si j’avais dansé pour moi je n’aurais pas utilisé cette partie là de mon corps. Les influences extérieures sollicitent des parties de moi en résistance et je suis étonnée, et agréablement surprise, de ma capacité à saisir le flux et à m’y abandonner, confiante. Sereine. Incroyable nourriture. Ce plongeon dans le moment présent est une respiration. Un cadeau délicieux.

Je prends la mesure de la notion de lâcher prise et m’abandonne complètement. Je m’en remets à cette force, tout devient création, nos corps à l’unisson écrivent ce merveilleux poème de l’instant.

Je me fais la promesse de rejouer dehors ce qu’il s’est joué ici et de me laisser porter par le flux qui se présente, en confiance car tout est juste.

Je voyage allègrement entre la bienveillance et le partage de nos joies, et j’accède dès que je le décide, à mes propres trésors qui ne demandent qu’à briller. Je prends ma place, je me positionne, je me permets d’être ; j’accède à ma propre beauté dénuée de toutes ses peurs. Je peux être moi et me mouvoir, là. …sans savoir où le chemin me mène mais convaincue que je peux le suivre. Je peux crier, je peux me dire, je peux laisser mon corps reprendre ses droits et remplir l’espace, avec et sans les autres. Oui. Je me fais cette promesse. Ce qu’il s’est joué ici je me l’autoriserais à l’extérieur. Je somme mon corps et mon âme de garder en mémoire cette révélation. »

Mesdames, Messieurs ces 2 ateliers étaient de toute beauté. Encore. Faire l’expérience de sa propre richesse et de celle du groupe était un vrai cadeau, pour vous et pour moi-même . Ces ateliers de libre expression et de permission d’être sont des sas incommensurable de bonheur et de joie immense. Continuons de créer. Continuons de nous dire avec le corps et continuons de nous en remettre à ce qui doit être. Dansons librement et infiniment car, toujours, la magie saura opérer.

Corps replié, corps déployé: L

L’histoire de chrysalide: L

J’ai à cœur de vous partager le parcours de L. C’est une envolée…C’est une tranche de vie. Un destin incroyable d’une jeune femme formidable, en quête de sens et d’espaces d’expression. Son hypersensibilité qui dans un premier temps a pu la faire vaciller, devient aujourd’hui une force, une raison d’être qui trouve sa pleine légitimité avec la danse. Continuez, oui, continuez d’œuvrer chaque jour pour la libre expression et la permission d’être.

Loie-Fuller

Il y a 2 ans et demi, L. est arrivée sur un de mes ateliers en danse-thérapie dispensés à la Clinique d’Amade. Elle a intégré le groupe des Reines sur la fin. Accompagnée de sa maman, L., si jeune, a participé à son 1° cours d’expression corporelle au sein d’un programme spécifique qui propose 10 ateliers aux usagers des différentes structures du pays basque, spécialisées dans les troubles psychiques.

L. est grande et élancée, pourtant, elle s’entraîne presque à vouloir disparaître tant on la sent rongée par la timidité ; Du coup, ses épaules sont courbées , sa tête se voûte et ses yeux ne quittent pas le sol. Elle relève parfois les yeux vers son interlocuteur mais on sent vite une gêne qui pourrait s’apparenter à une forme d’intrusion. L. est un mélange subtil de force et de fragilité. Je remarque vite la conscience qui l’ habite et sa volonté de s’en sortir.

Le groupe est bienveillant et accueille L. avec toute sa spontanéité et son humour.

Nous entrons rapidement dans le mouvement. L. s’y engouffre et en ressort à chaque fois plus forte, moins sur la défensive avec ce soupçon d’espoir dans les yeux d’avoir enfin trouver l’endroit qui saura être un allié : la danse.

Danser est aisé pour L.

Ancienne danseuse, elle redécouvre des sensations oubliées et s’accroche aux bénéfices de l’instant sans se laisser envahir par les possibles du passé.

En effet, il peut être difficile pour certaines danseuses de renouer avec la danse dans ces nouvelles dispositions du corps et de l’esprit. La maladie, un accident, marquent une rupture nette dans l’histoire de la personne et parfois, la danse, peut réactiver la mémoire de ce nouveau corps avec lequel nous devons (ré)apprendre à vivre. La danse offre en ce sens, un merveilleux outil d’intégration et permet à la personne d’explorer toutes ses capacités insoupçonnées…mais cela est possible, lorsque nous avons décidé de rencontrer ce nouveau corps, lorsque nous l’avons accepter et qu’enfin, nous ne demandons qu’à le transmuter. Sauter ces différentes étapes douloureuses mais nécessaires, nous engagent très rapidement dans un travail en force et nous n’avons qu’une idée en tête : retrouver ce que nous savions faire avant, ressentir ce que nous ressentions avant. Or, la danse thérapie nous engage parfois malgré nous, sur un tout autre travail et rapport au corps.

Ainsi, L. s’offre à la danse et ne semble pas en lutte avec ce genre de questionnement. Elle accueille avec amour, telle une bouée, ce nouveau sas d’expression.

Nous sommes en veille de proposer une restitution de nos ateliers dans le cadre de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale (SISM). C’est une proposition et toutes les Reines acceptent ce défi malgré les quelques 120 pairs d’yeux présents. J’invite L. à se joindre à nous. Elle n’est pas obligée de me donner une réponse de suite, mais si son corps lui dit « oui », elle est la bienvenue.

Après nos 3 dernières séances, L. accepte et souhaite participer à cette restitution.

Je ne reviendrais pas sur les multiples bénéfices de cette restitution qui a été vivement applaudie et encouragée. La danse thérapie est née à la Clinique d’Amade grâce à la volonté de ces Reines magnifiques qui ont souhaité continuer la pratique. D’autres se sont joints à nous et aujourd’hui, un atelier hebdomadaire y est proposer.

Avec le temps, je sentais L. perdre en enthousiasme lors de ses venues aux cours. Elle venait de moins en moins. Nous avons alors discuté et, comme je m’y attendais, L. sentait ne plus avoir sa place au sein du groupe de la clinique. Elle souhaitait intégrer un autre cours, « dehors », mais ne savait pas encore comment ni où. Je comprenais l’évolution de son besoin et m’en réjouissais. En quittant ce cours, L. nous offrait à elle et à moi, un merveilleux cadeau.

L. a commencé à venir sur les ateliers mensuels de danse thérapie que je propose à l’extérieur. Elle semblait y trouver sa place et un espace de libre expression. Je l’observais évoluer dans ce nouveau corps qui trouve le déploiement et se positionne, j’appréciais la justesse de son regard présent à l’autre ; La prise de parole au sein du groupe, renforçait mon sentiment que L. cheminait vers une guérison prometteuse. Puis…plus rien.

L’absence de continuité est fréquente dans ce type d’accompagnement. Je ne m’en formalise pas même si je prends le temps de me poser et de réfléchir à cette rupture. Je fais moi aussi mon travail de discernement et tente de me souvenir des erreurs que j’ai pu commettre tout en faisant confiance au processus de chrysalide…J’opte pour un déploiement des ailes…

Quelques mois passent et L. me recontacte. Je la sens transformée, je suis heureuse d’entendre son assurance. Puis, je la sens tourner autour du pot et je lui demande si elle a quelque chose à me dire et effectivement, elle me dit qu’elle a l’impression de me trahir. Je souris. Je trépigne de ce qui va suivre et ses mots vont dans le sens de mes attentes. L. a intégré un « vrai » cours de danse hebdomadaire. J’exulte et lui partage ma joie.

Non L., tu ne me trahis pas bien au contraire ! Tu me donnes la force de poursuivre mes accompagnements en danse thérapie. Je n’ai pas la prétention d’offrir des cours de danse traditionnels, non. Juste, j’ose espérer pouvoir vous redonner un soupçon d’estime de soi, vous insuffler cette dose de confiance qu’il nous manque parfois pour jouir pleinement de ces espaces à « l’extérieur » ; ces espaces où la représentation du groupe peut être terrifiante et « empêchante », ces espaces où le groupe peut être ressenti comme étant envahissant tandis que nous pourrions nous nourrir de sa richesse.

Par la suite, L. me fait part de son besoin d’espace d’expression libre en plus de ces temps de cours qu’elle prend désormais régulièrement et…l’Univers est bien fait, une performance autour de l’Exil qui se jouera lors du grand week-end d’ Alternatiba avec 9 musiciens d’ici et d’ailleurs m’ait proposé ; Je ne suis pas sûre mais j’écoute ma petite voix qui m’incite à faire cette proposition à L.

L. accepte. L. vient. L. danse. Et même si la performance est annulée pour cause de pluie, c’est un bond en avant divin, la rencontre est faite et les perspectives prometteuses.

Les déclics qui font pshiiiiiiiiiiit….

« Ces parts de soi longtemps restées dans l’ombre et qui explosent en pleine lumière »

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C’est un détail. Un moment quasi imperceptible, une fulgurance, un rien qui dit tout. Le percevoir est un cadeau hors norme, quant à le vivre…

Il y a ce moment où tu danses et il y a ce moment où la danse te traverse. C’est le moment où tout s’embrase, comme si ton corps était coupé en deux au départ et qu’enfin, à ce moment là, tu lui permettais cette réunion, cette incroyable unification.

C’est comme si une part était retenue dans ses croyances limitantes, ses peurs liées au regard de l’autre, au jugement que l’on porte sur soi, cette part exigeante qui empêche et retient…à toutes ces barrières enfouies, parfois inconscientes et pourtant bien réelles ; tandis qu’une autre part, se voudrait, aspirerait à…, souhaiterait…On la ressent mais on ne l’éprouve pas. Non pas encore. Alors on poursuit le chemin de l’exploration sans trop savoir où le chemin nous mène mais convaincue qu’il faut le suivre. Incessant va et vient entre contrôle et voix critiques et cet idéal parfois caressé, subrepticement. Le corps sait, le corps se danse, le corps est danse.

Puis…

Puis…puis c’est là. Le déclic qui fait « pshiiiit »…C’est presque déjà passé. Insaisissable. Une fulgurance. Mais ça y est, ça s’est passé, c’est inscrit dans mon corps. A un moment je n’aspire plus à…et je ne suis plus limitée par….Mon corps a repris ses droits, le mouvement a eu raison de toutes ces parts enfouies au fond et en surface de moi, il s’est fait l’unificateur ultime, il m’a permis d’être et me libère. Une des danseuses de l’atelier du samedi m’a un jour écrit : « Je suis toujours bluffée d’explorer cette plage incroyable de liberté qui est offert et que je m’octroie. Des facettes, des parts de soi qui émergent (…) ces parts de soi longtemps restées dans l’ombre et qui explosent en pleine lumière »

Il y a l’espace de liberté offert par la danse et il y a ce changement qui s’opère dans le corps.

En tant qu’accompagnatrice, assister à cet instant là se passe de mots. Les frissons me saisissent, je souris avec béatitude et remercie encore et encore la magie accessible grâce au mouvement. C’est visible dans le corps de la personne, comme si le mouvement offrait une respiration mais ça l’est tout autant sur les visages des personnes. Les masques tombent. Nous n’existons plus. Fluidité et véracité s’inscrivent dans l’espace et nous enveloppent malgré nos propres résistances.

Je clôture une session de 5 séances de 2h en danse thérapie auprès des personnes en souffrance psychique et avant de faire « pshiiit », des tensions peuvent apparaître dans les corps, la salle se charge d’elle même d’une énergie différente ; corps en transition, corps en digestion, corps qui se remplissent de nouvelles informations et sensations, ni agréables ni désagréables…Accueil et résistance s’affrontent et puis..pshiiiiit…l’espace de création s’ouvre et tout devient possible.

Ma maison-corps: la rencontrer, l’accepter, l’honorer

Je vous partage un texte écrit par une des danseuses de l’atelier danse-thérapie de l’hôpital de jour d’Amade. Tel un exutoire, il est venu compléter les différentes symbolisations offertes par la danse et le dessin. Merci à toi.

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« Ta maison
Passant par les 206 os qui composent ta maison, chacun d’eux a une fonction, véhicule tes émotions. Chaque côtes a porté tes douleurs, tes rancœurs, ta tristesse, ta haine, ta colère, ta peine, tes doutes, ta joie, ton amour, l’incertitude vers cette colonne qui est ton crayon et ton sacrum, ta mine. Appuyé sur tes rotules, tibias, tes malléoles en extension, tes orteils jouant du violon, ton humérus, cubitus, carpe, pouce, phalanges battant la mesure, tu as posé. Posé dans la douleur, sans tout comprendre. Ne t’inquiètes pas, ton bassin, ce berceau de la vie, te mènera vers le bon chemin. Prends soin de ton centre. Je remercie cette habitation de résister à toutes les tempêtes. NAMASTE OSCAR »

Ma maison-corps: La rencontrer, l’accepter et l’honorer

Ma maison-corps: la rencontrer, l’accepter et l’honorer

Je vous partage le témoignage d’une danseuse après 5 séances de danse-thérapie où nous sommes allés à la rencontre de notre maison-corps, l’ensemble de nos systèmes qui la constituent divinement.

Merci à toutes ces magnifiques danseuses pour leur confiance qui sont allées questionner, en quête de révélation, leur peau et ses propriétés sensorielles, sa fonction protectrice mais aussi d’échange entre soi et l’autre; la mémoire de notre squelette, son pouvoir structurant, solide, ce sur quoi je peux me fier ainsi que l’étendu possible des directions offertes par leurs articulations ceci nous plaçant face aux choix et la grandeur de notre axe; sans oublier le pouvoir révélateur de nos muscles en contraction ou en détente.

C’était une aventure riche et intense, témoignage de nos forces immuables. Chacune est venue célébrer et honorer sa maison-corps dans une danse de l’instant, témoin du chemin parcouru en si peu de temps. Bravo à toutes et continuons de danser, danser, danser.

Un grand merci à Céline qui nous fait part ici de son vécu.

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« Trouver la lumière intérieure..
Par le mouvement, le dessin, une connexion…
pendant ces 5 séances, j’ai ouvert les vannes.
Laisser mon corps s’exprimer. Se libérer.
La danse est un exutoire tellement fascinant…

J’ai appris doucement à aimer ma « petite maison » et à la laisser être, avec ses qualités et ses défauts.

J’ai rencontré des personnes incroyables qui m’ont donné bien plus qu’elles ne le croient…
beaucoup d’amour.. Et de bienveillance.
Chose dont je manque cruellement..
Ces femmes m’ont redonné la force et une raison d’être.

J’espère leur avoir apporté autant qu’elles. Leur avoir donné de l’amour, du courage et de la bienveillance…

Elles ont mis des mots sur mon corps que je n’aurais jamais pensé pouvoir dégager : ouverture. légère et rassurante. amour.

Mille merci ne suffiraient pas, mesdames… vraiment.🌷
Et un merci tout particulier pour Clementine, mon incroyable professeur, qui m’a permis de me révéler, de croire en moi et surtout de m’aimer et de me laisser aimer… Tu es une danseuse incroyable… 🌻

Merci à toutes d’avoir cru en moi…. »

#millionreasons #amour #danse

Choralité et individuation

Choralité et individuation

Entre repli et ouverture

sankai-juku-2Il y a le groupe et « moi »…Un « je » qui ne saurait exister sans le « nous ».

C’est alors prendre conscience de cette nécessaire présence pour « être » et se réaliser; se saisir de cette force et de cette profonde humanité qui sait si bien nous envelopper. Le « Nous » qui nous révèle, le « Nous » soutenant, le « Nous » garant de sens, le « Nous » qui encourage…

Puis, il y a « Moi »…A quel moment puis je me saisir de mes propres signaux? Ceux qui me dictent un nécessaire repli, une écoute active de mes propres besoins? Comment me positionner par rapport à ce groupe pourtant bienveillant? Comment participer à cet élan de vie sans ressentir une forme d’intrusion? Comment affiner l’écoute de mes besoins fondamentaux? De quelle manière puis je acter une juste distance?

Par la danse thérapie, nous pouvons explorer ce va et vient incessant où le mouvement et l’instinct de nos corps viennent questionner cette limite tantôt « empêchante » tantôt porteuse et où choralité et expression singulière semblent indissociables… mais garantes, toujours, d’une beauté unique.

Ainsi, nous pouvons découvrir « qu’un manque de limites nous fait courir le risque d’éclatement permanent »…et que… »sous couvert de préserver le dedans, on peut aussi se priver des richesses du dehors » (Benoit Lesage)

Il y a ce que je pense, ressens et souhaite et il y a ce que le mouvement me révèle dans mes profondeurs intimes et inconscientes. La danse me permet d’acter véritablement mes trésors et mes fragilités et de les transmuter si je le souhaite. Se saisir de ce merveilleux langage du corps est un cadeau supplémentaire sur le chemin de la compréhension de qui nous sommes.

 

https://www.youtube.com/watch?v=2Bb0k9HgQxc

La force expressive du mouvement

La force expressive du mouvement

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Créer votre danse et découvrez la force expressive de votre corps…

« Lorsque nous nous immergeons dans la création, nous ressentons en nous une sensation passionnée d’être vivant, qui enclenche notre engagement et notre participation totale dans la vie. Nous nous sentons encouragé à prendre des risques, à risquer le tout pour le tout, à explorer et prendre tout ce qui vient comme bon à apprendre. Notre démarche-comme tout son contenu-devient intéressante, éclairante et productive.
Lorsque nous sommes réglés sur le flux créateur, nous découvrons qu’énergie et expression sont libres, et nous découvrons un sens étrangement accru de notre niveau de conscience (…)
Lorsque nous revenons à la vie de tous les jours, et quel que soit le défi que nous identifions, le fait d’avoir été relié à cette force de vie créatrice nous permet de rapporter avec elle de nouvelles perspectives et un nouveau savoir. En réalité, le fait de libérer cette énergie créatrice libère la totalité de notre être au monde.
(…) Nous redonnons accès à l’inconscient ( réservoir contenant de riches potentialités ) et au monde intérieur de notre intuition identitaire; nous donnons libre cours à notre mental, à ses vagabondages et au trébuchement sur un matériau qui ne demande qu’à émerger. « 
Daria Halprin

 

Lettre à mon corps

En 2016, j’ai eu la chance d’être invitée comme intervenante en Danse-thérapie par le Réseau de Santé Mentale du Pays Basque (RSMPB) pour leur évènement annuel autour de la santé mentale (SISM). Cette année là, le thème était: Santé physique, santé mentale, lien vital.
La danse-thérapie offrait une réponse parmi tant d’autres richesses.
Avec 5 magnifiques personnes appartenant à différentes structures, nous avons proposé une restitution d’atelier après 10 séances (seulement) d’expression corporelle.
A partir de textes écrits par des patients sur la thématique du corps, nous avons proposé une mise en corps de tous ces mots*.

Cette aventure magique s’est poursuivie avec la création d’un cours, un lundi sur deux à la Clinique d’Amade de 14h à 15h15. Les Reines ont voulu poursuivre, puis, d’autres personnes, de tous horizons, se sont joints à nous pour s’offrir un temps, à l’écoute de soi dans le mouvement, le leur.
Nous réitérons ce partage dès le lundi 11 septembre et, bien évidemment, vous y êtes tous bienvenus.

L’an dernier, nous avons présenté notre court métrage au 1°festival de courts métrages sur le handicap: Un certain regard.

Lettre à mon corps est le témoignage d’une aventure sans égal; Il sait révéler la part belle qui sommeille en chacun de nous…et notez que ces Reines n’avaient jamais pratiqué la danse auparavant.

Dans le cadre de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale au Pays Basque, Clémentine Grassa, de la Cie Impermanences est…
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Nous n’avons pas gagné, mais tout ce que nous avons pu y découvrir valait toutes les récompenses du monde.
C’est ainsi que je souhaite vous partager celui qui a remporté ce concours.
Le voir et le revoir est un souffle, une respiration.
Je vous souhaite autant d’émerveillement qu’il m’a été donné de vivre en le découvrant…et insuffle par la même, mon vœu que tant de beauté perdure…

https://vimeo.com/212662503

Présenté dans le cadre du Festival de Films Courts Métrages « Histoire de Regards » sur le thème Métiers & Handicaps,…
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