La consolation de Joséphine

Mardi 17 mars 12h

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Joséphine est confinée chez elle.

Joséphine est confinée chez elle comme tous les français.

Joséphine, elle, est confinée chez elle depuis quelques mois. Elle trouve parfois la force d’en sortir mais mettre son bout de nez dehors est une épreuve. Joséphine a 30 ans. Elle se cherche une place dans ce bout du monde qui l’effraie. Oui, le monde tel qu’il est actuellement, est terrifiant pour Joséphine. Il y a du monde, beaucoup de bruit (pour rien se demande t-elle souvent), beaucoup de lumière, beaucoup de beaucoup et son petit corps y réagit fortement. Elle se sent souvent agressée, elle pense ne pas avoir les codes de cette frénésie qu’on lui somme d’appeler « Norme ». Elle est spectatrice impuissante de trop d’incohérences. Joséphine s’en veut et Joséphine cherche, tout le temps. Elle tente de rallier le wagon de « ces gens là (pour qui ) cela n’est point hideux »; elle ne cesse de questionner ses goûts, ses visions, cette façon particulière qu’elle a d’appréhender la vie. Joséphine fait des efforts mais elle ne s’y retrouve pas. Jamais. Joséphine sent ce terrible décalage, tout son corps en tremble et l’empêche de se construire une vie sociale. Elle aimerait pouvoir sortir elle aussi, fréquenter ces endroits de lumière et de bruit, assister à un concert, enchaîner sur un ptit dej’ avec mami, retrouver ses enfants au parc avant de partir en week end avec son mari où ils recevront 4 couples et pourront refaire le monde tout du long où ils joueront au tennis, courront, tout en étant si parfaits avec leurs enfants …Oui, c’est ça. Joséphine aimerait « enchaîner ». Elle adorerait être de celles et ceux qui savent tout faire et tout enchaîner sans jamais s’arrêter, sans avoir besoin de le faire, sans se poser de questions, jamais!. Alors elle se compose une vie pour que ce décalage qu’elle ressent si fort puisse s’atténuer et être moins handicapant. Elle constate avec effroi cette façon qu’elle a de tout prendre dès qu’elle rentre dans une pièce; elle suffoque des émotions des autres et ne parvient plus à saisir les siennes. Joséphine se perd, Joséphine s’oublie, Joséphine s’efface. Elle décide de se couper du monde avant d’avoir compris qu’elle s’était coupée d’elle même. Joséphine accepte ses phobies.

Le temps lui offre peu à peu la compréhension de son être. En s’effaçant du monde, Joséphine fait un plongeon au cœur d’elle même et commence le chemin bienheureux d’une mise à jour sur qui elle est en découvrant ses véritables besoins. Elle apprend à être autonome et à ne plus subir le poids du regard extérieur sur ses décisions qui interpellent; elle écoute les messages de son corps qui lui disent quand ralentir et comment nourrir ces espaces de rien qui deviennent si précieux et indispensables à son équilibre. Quand tout s’agite autour d’elle, elle trouve à présent la force de ralentir quitte à ne plus sortir dehors et à passer pour une « sauvage ». Elle s’offre de nombreuses retraites, elle aime s’extraire et créer. Joséphine n’a plus peur de passer du temps seule, entourée de ses fantômes. Elle aime lire, écrire, danser et dessiner. Elle aime le silence et les battements de son cœur. Elle aime sentir quand elle a faim et pouvoir vivre à l’écoute de son cœur et de son ventre. Elle aime prendre le temps de cuisiner avec des bons produits, ceux qui remplissent son âme. Elle aime marcher dans la nature et contempler ses enfants s’ennuyer. Joséphine aime tant de rien. Elle apprend alors à se faire une sorte de mallette de secours pour ces moments de repli qu’elle affectionne. Pourtant, il y a toujours cette voix qui lui murmure son décalage, qu’elle devrait faire ci ou ça et ne « pas trop s’éloigner du sol ».

Aujourd’hui Joséphine est confinée…

comme tous les français…

mais aujourd’hui, Joséphine ne se sent pas en décalage et elle a tous les codes.

Une pensée particulière à toutes celles et ceux qui souffrent de phobie sociale ou qui ont fait le choix de chemins différents…

Avec tout mon Amour

 

A nos différences

zenos frudakisArtiste photo: Zenos Frudakis

Témoignage

Je suis heureuse de vous partager un texte écrit par une des danseuses des ateliers mensuels en danse thérapie et expression de soi:

 » Samedi qui arrive, on va chez Clémentine!!…ce n’est pas avec, mais chez ; car Clémentine nous invite ! à accueillir, tous ensemble, et inclus soi-même dans le groupe, les corps en état de langage ….
Quelque soit ce corps, cet esprit, cette âme …..timides, en souffrance, en cours d’épanouissement, en joie..et/ou avec ses singularités apparentes, marquées…qui engendrent communément la mise à l’écart, la non-altérité…
Alors, cette personne singulière, communément nommée « Handicapée » est c/o (care off = sous les bons soins de) Clémentine , un élément du groupe -qui s’exprime – manifeste – en résonance – en vibration – communique sans éprouver la hiérarchisation de sa valeur –
et donc se nourrit de cette richesse, dans la construction de son être à part entière, et l’affranchissement d’une discrimination ambiante…dans un mouvement commun et partagé.. d’expansion du groupe, et de chacun…Merci…
Il est indispensable pour notre fonctionnement sociétal et collectif de converser avec « l’Autre » quel qu’il soit!
Que la grâce, la joie, le gout de danser ne restent pas cantonnés au milieu dit « spécialisé », mais soient accueillis dans toutes leur richesse et leur créativité.
Dans la nature, la « Conformité » n’existe pas !! »

Le Pardon

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Je viens de tomber sur cette citation de Nelson Mandela.
Mon premier réflexe est de soupirer un « haaa oui…ben oui! ha bon!? ». 
Je passe à autre chose entre bougies et Bach et m’allonge avec cette tension dans le corps que je connais si bien. « Mais!?! »… »Oui d’accord »… « Mais…heu !?! »

Grosso modo je vois bien le processus global qui est protecteur en soi et qui cherche à nous préserver; Je rigole même jaunement de toutes ces fois où je suis retournée vers celui ou celle qui m’a mise à terre; Et pour être honnête, il y en a même qui s’emploient à revenir pour nous mettre à terre dès qu’ils sentent que nous nous sentons mieux! C’est inconscient off course! mais c’est là et c’est pas jouissif du tout!.Mais….et oui, mais.
Le « mais » vient de ce que je permets. Alors ok Nelson, là n’est pas le sujet! et je suis tout a fait d’accord. Mais n’est ce pas un sujet intéressant?!
Bref.
Ce que je souhaiterais partager avec toi mon cher Nelson, c’est cette notion de Pardon. Je la maîtrise probablement très mal puisque,encore aujourd’hui, je me bats les patouilles entre pardon et acceptation et que parfois, cela me prends beaucoup de temps à clarifier ce qui revient à l’un ou à l’autre.
Toujours est-il, vois tu, que je garde cet espoir que nous pouvons tous changer. J’ai probablement mis des gens à terre comme tu dis, mais jamais cela n’a été voulu ou préméditer ou que sais je encore! Ça a été. Entre inconscience, inconsistance, ignorance, croyance…j’ai crée cette douleur malgré moi. Pourtant, avec le temps, je suis heureuse d’être pardonnée et acceptée avec mes failles….je suis donc gratifiante que certaines personnes
me pardonnent. Ainsi, lorsqu’une personne qui « m’a mise à terre » revient avec un Pardon véritable*, je trouve dommage de ne pas ouvrir la porte et de renforcer cette croyance, tellement figée. Permettre à l’autre de se dire. Se permettre une interprétation erronée…et ainsi libérer de l’espace dans nos corps, tenter d’alimenter ce qu’il y a de vivant et aimant en nous plutôt que nous enfermer dans nos certitudes.

C’est un processus merveilleux qui permet de comprendre nos blessures, ce qui a été touché mais c’est aussi un indicateur prometteur de nos limites à connaître et apprendre ainsi à mieux nous écouter et nous préserver à l’avenir pour éviter une décision catégorique. Un tremplin efficace pour plus de discernement.
Alors oui. C’est très questionnant, bien évidemment,
et je n’ai pas les réponses, mais tout ce qui est radical me rend fébrile et je crois que tout se mesure et s’apprécie selon nos particularités et notre histoire. Ainsi, même si la colère est parfois constructive, Stp, Nelson, ne mettons pas de côté cette grandeur d’âme qui est de savoir se faire pardonner, se pardonner à soi même et de pardonner en retour.

*pardon véritable: oui, le « véritable » semble appartenir à tout un chacun…je crois que nous le sentons dans le corps, il y a un mouvement, une véracité qui ne nous trompe pas. C’est ce moment précieux où les mots respirent le plein, l’authenticité, le plus jamais ça…

 

 

 

Danse thérapie et expression de soi

Il s’agit de l’extrait de l’article.

« A travers la danse que j’enseigne, j’entends rendre cet art accessible au plus grand nombre, favoriser les rencontres entre les personnes, qu’elles soient en situation de handicap, retraitées, addictes, réfugiées, hors cadres…

C’est une danse qui s’adapte aux besoins des différents publics et qui souhaite combiner la profondeur du travail thérapeutique au monde riche et subtil de la création. La danse thérapie telle que je l’envisage s’inscrit dans un travail de (ré)appropriation psycho-corporelle qui pourra, à terme, favoriser une libre expression du Soi. Elle nous invite à établir ce dialogue nécessaire avec notre corps, nos émotions, notre mental et notre âme et à affiner l’écoute des messages que ceux ci nous chuchotent, taisent ou hurlent. La valeur structurante de la danse thérapie nous permet de plonger en sécurité dans notre intériorité que nous révélerons dans une danse de l’instant, grâce à la force expressive du mouvement et au pouvoir du processus de création »

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Une petite vidéo pour voir, clique là:  Une façon douce et à l’écoute de soi pour entrer progressivement dans le mouvement. Laisser le corps réagir aux sensations, émotions, sentiments et/ou images par des postures spontanées ; puis, laisser les postures s’enchaîner pour devenir votre danse du jour en lien avec votre intériorité